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Répertoire

fr Anton-Marie Milh, OP

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Dix jours au Congo : une expérience particulièrement enrichissante !

Depuis l’an dernier, la Province de Belgique et des Pays-Bas a engagé une procédure de béatification pour les vingt-deux frères et sœurs de l’Ordre assassinés les 24, 25 et 26 novembre ainsi que le 1er décembre 1964 par des rebelles Simba dans le diocèse congolais d’Isiro-Niangara.

Le frère Massimo Mancini, postulator generalis, accompagne cette causa depuis Rome, tandis que deux vice-postulateurs y apportent leur contribution, chacun selon leurs spécificités respectives : Richard Dane, prêtre du diocèse d’Isiro, et le frère Anton-Marie Milh, OP, qui réside au couvent d’Anvers.

Afin de resserrer davantage les liens avec le Congo, frère Anton-Marie s’est rendu au couvent de Kinshasa du 25 septembre au 5 octobre. Voici son compte rendu.

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Limete, RDC, 2026 © Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

Le martyre

Le supérieur de la vice-province du Congo (RDC), placée sous le patronage de saint Pie V, m’avait demandé il y a quelque temps déjà de venir prêcher la retraite annuelle de la communauté conventuelle de Kinshasa. Le projet a enfin pris forme et, non sans une certaine appréhension, je suis monté dans l’avion à Zaventem.

Le thème de la retraite portait sur le martyre, un thème que j’avais choisi parce qu’il m’aide à mieux accompagner le procès en béatification de nos frères et sœurs, et à l’approfondir non seulement sur le plan historique, mais aussi sur les plans spirituel et théologique.

Avec les frères de Kinshasa, nous avons donc consacré une semaine à examiner le martyre dans la tradition chrétienne, en partant de la Bible, puis en passant par Ignace d’Antioche, Cyprien de Carthage, Jerzy Popiełuszko, Christian de Chergé … jusqu’à nos martyrs dominicains du Congo.

Le dernier jour, j’ai donné une séance aux frères à propos de ce que les sources historiques nous permettent de connaître sur saint Dominique, le fondateur de notre Ordre.

fr Anton-Marie Milh, OP


“Ce fut un bonheur de séjourner au sein d’une communauté aussi jeune, où règne une grande joie de vivre.”

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Limete, couvent dominicain de Kinshasa © Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

Limete

Le couvent de Kinshasa se trouve à Limete, un quartier situé à proximité de l’aéroport. Construit dans le style brutaliste, le bâtiment date de la seconde moitié des années 1950. Tout à fait dans l’esprit de l’époque où on souhaitait bâtir un couvent de formation juste à l’extérieur de la ville, afin d’offrir aux frères en formation un cadre quasi monastique, idéal pour les études et à l’écart des tentations du monde ! Inutile de préciser que le Kinshasa de 2026 est difficilement comparable à la Léopoldville de la fin des années 1950. Avec une population qui croît rapidement et s’approche des vingt millions d’habitants, la ville est devenue tentaculaire et ne cesse de s’étendre.

Notre couvent de Limete ne se trouve donc plus depuis longtemps dans une paisible banlieue. Entièrement de plain-pied, le bâtiment aurait été conçu pour qu'on y ajoute des étages, mais ce projet n’a jamais abouti. Le couvent comprend plusieurs ensembles de bâtiments organisés autour de cours intérieures, dont deux sont réservés aux frères étudiants et une à l’administration provinciale.

La communauté compte une quarantaine de membres, parmi lesquels plus de trente frères en formation, une dizaine de frères prêtres et de frères convers. Outre les jeunes Congolais, elle accueille également quelques frères étudiants venus du Nigeria, dans le cadre d’une sorte de système d’échange, ainsi que d’Angola. Une collaboration étroite existe avec le vicariat d’Angola et la province dominicaine du Portugal dans le domaine de la formation, puisque le noviciat est commun aux deux entités - celui-ci se trouve actuellement à Isiro, mais sera bientôt transféré à Viadana.

Ce fut un bonheur de séjourner au sein d’une communauté aussi jeune, où règne une grande joie de vivre.

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Limete, couvent dominicain de Kinshasa © Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

Les sœurs

Outre la retraite, j’ai également eu l’occasion de rencontrer des sœurs congolaises. J’ai ainsi rencontré la supérieure générale des « catherinettes », les sœurs de sainte Catherine de Sienne, une congrégation destinée aux sœurs « indigènes » - selon la terminologie de l’époque - fondée en 1942 dans notre territoire missionnaire, au nord-est du Congo.

J’ai également eu le plaisir de présider l’eucharistie et de prêcher, le dimanche 4 octobre, chez les sœurs dominicaines missionnaires du Rosaire, une congrégation d’origine espagnole dont quatre sœurs furent elles aussi assassinées lors de l’insurrection Simba, plus précisément à Kisangani.

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Ce dimanche-là, les sœurs célébraient déjà leur fête patronale - Notre-Dame, Reine du Rosaire. À cette occasion, les frères présents - le vice-provincial du Congo, le prieur de Kinshasa et moi-même - furent régalés par un délicieux buffet.

Le vice-provincial, fr Augustin Wiliwoli, OP et le prieur, fr Joseph Baraka, OP connaissent d’ailleurs bien la Belgique, puisqu’ils ont tous deux obtenu un doctorat à Louvain-la-Neuve. Grâce à leur accueil fraternel, je me suis immédiatement senti à l’aise.

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Défis

Kinshasa se développe plus rapidement que son infrastructure urbaine. Chaque jour, plusieurs coupures de courant surviennent, parfois pendant une journée entière. L’approvisionnement en eau pose également des problèmes et les routes sont en mauvais état - dans certains quartiers, elles sont tout simplement inexistantes.

Le couvent souffre lui aussi de cette situation. L’installation électrique devrait être entièrement rénovée et l’on cherche des moyens d’accroître l’autonomie énergétique. L’une des pistes envisagées est l’installation de panneaux solaires, mais cette solution est coûteuse et son succès n’est pas garanti, en raison de la forte pollution atmosphérique dont souffre la ville. Les conduites d’eau du couvent doivent également être rénovées, car un grand nombre de chambres ne disposent actuellement pas d’eau courante.

En matière d’alimentation, le couvent est toutefois relativement autonome. Il possède un grand potager, les frères ont un étang à poissons et élèvent des porcs. Il reste néanmoins tout un défi de nourrir autant de bouches - et de jeunes bouches, qui plus est !

Mon séjour de dix jours au Congo a été une expérience particulièrement riche. Je suis reconnaissant aux frères et aux sœurs de Kinshasa pour l’intérêt qu’ils m’ont témoigné, leur hospitalité et leur fraternité dominicaine. Cela me donne envie de retourner au Congo.

La prochaine fois, j’espère pouvoir me rendre dans l’Uele, notre ancien territoire missionnaire dans le nord-est du pays, pour y visiter nos couvents et partir en pèlerinage avec la population locale vers les lieux où nos frères et sœurs ont subi le martyre.

En raison de l’épidémie d’Ebola et de la recrudescence des violences, ce déplacement n’a pas été possible cette fois-ci. Mais je prie pour pouvoir reprendre la route du Congo à l’automne 2027.

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© Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

Commémoration des Martyrs dominicains du Congo

Le samedi 28 novembre prochain, la commémoration annuelle des martyrs dominicains du Congo se déroulera à Louvain-la-Neuve. Toutes et tous êtes chaleureusement invités à cette célébration, à 18h30, dans la chapelle du couvent Bx Fra Angelico de Louvain-la-Neuve (avenue du Ciseau 10, 1348 Louvain-la-Neuve).
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