Tandis qu'on allumait le cierge dominicain à l'autel, les participants à la célébration ont chanté :
« Lumière, éclose dans les ténèbres,
Lumière, jaillie de la pierre,
Lumière, signe véritable de vie,
Répands ta vérité autour de nous »
« Nous avons appris à vous connaître comme des compagnons de route »
« Venez et voyez », dit Jésus à deux de ses disciples (Jn 1, 39). Ils le suivirent et demeurèrent auprès de lui.
Venez et voyez… : Deux frères de la communauté dominicaine laïque de Flandre se sont sentis appelés par cette même voix et ont prononcé leurs vœux temporaires, au terme d’un programme initial de formation de deux ans.
Ils ont prononcé leurs voeux temporaires au cours d’une célébration empreinte de recueillement et d’espérance, dans l’église des Dominicains à Knokke, le dimanche 27 septembre dernier.
Antoon Herrygers et Dré Lauwerys prononcent leurs voeux © Marc Lamote.
Tandis qu'on allumait le cierge dominicain à l'autel, les participants à la célébration ont chanté :
« Lumière, éclose dans les ténèbres,
Lumière, jaillie de la pierre,
Lumière, signe véritable de vie,
Répands ta vérité autour de nous »
fr Bernard de Cock, OP
Promoteur provincial des Laïcs dominicains de Flandre
“Dieu s’appuie sur des personnes fragiles, qui hésitent, doutent et connaissent toutes sortes de difficultés, mais qui, malgré tout, continuent à faire confiance et vivent avec la conviction qu’Il supplée à ce qui nous manque dans nos propres forces.”
Dans son mot d'accueil, Geert Laleman, responsable de la communauté des Laïcs de Flandre, a déclaré :
« Vous avez choisi de marcher sur les traces de Jésus, en prenant la spiritualité dominicaine pour boussole ».
« Nous avons appris à vous connaître comme des compagnons de route qui souhaitent intégrer dans leur vie quotidienne notre spiritualité, faite de prière, d’étude et de prédication, et qui se sentent portés et soutenus dans cette démarche par la communauté des frères et sœurs. »
Fr Bernard de Cock, OP et Geert Laleman © Marc Lamote
Geert Laleman a également évoqué le décès de Jan Eerens qui, malgré sa grave maladie, a suivi fidèlement le programme de formation. Malheureusement, il n’aura pas vécu la célébration d’engagement. Son épouse et sa fille étaient présentes lors de la célébration. « Au cours de ces dernières années, il a été pour nous un véritable compagnon d’âme ; il nous manque », a souligné Geert Laleman. Un moment chargé d’émotion, qui nous a rappelé une fois de plus combien le fil de la vie est ténu.
Toutefois, en tant que chrétiens, nous demeurons des hommes et des femmes d’espérance, qui remettent le passé, le présent et l’avenir entre les mains de Dieu, a souligné Antoon Herrygers dans sa méditation. Il a raconté avoir fait l’expérience de Dieu comme d’une force agissante dès le début de sa vie, y compris dans sa vie conjugale. Cette expérience de Dieu ne s’est cependant pas toujours imposée d’elle-même. Il y eut des moments de souffrance et de lutte intérieure. Ce n’est donc pas un hasard s’il a choisi, pour la première lecture, le récit du combat de Jacob avec l’ange (Gn 32, 23-32).
Quant à la figure de « l’homme en recherche », chère à Dré Lauwerys, elle se retrouvait dans le texte évangélique qu’il avait choisi, Jean 1, 35-42a. Il s’agit du récit des deux disciples qui suivirent Jésus et qui, lorsqu’ils lui demandèrent où il demeurait, reçurent cette réponse : « Venez et voyez… »
Ceux qui connaissent Dré savent combien les préoccupations sociales et les injustices le touchent profondément. Il connaît bien le milieu de la batellerie et s’engage notamment auprès des malades et des personnes dans le besoin. Les paroles de Jésus lui ont appris ce que signifient un engagement authentique et l’amour du prochain. C’est ainsi que lui aussi a trouvé son chemin vers la communauté dominicaine laïque.
Dans son homélie, fr Bernard De Cock OP, accompagnateur spirituel de la communauté laïque dominicaine de Flandre, s’est notamment attardé sur le chemin que nous parcourons, en tant que Laïcs dominicains, avec Dieu et nos semblables. Pour frère Bernard, poursuivre ce chemin sur lequel Dieu nous a appelés relève clairement d’une « vocation ». C’est sur ce chemin que nos semblables doivent pouvoir reconnaître « les traits de Dieu ».
Il a résumé sa pensée en ces termes :
« Si, un jour, vous parvenez à témoigner par votre manière de vivre que Dieu se soucie tellement de nous qu’Il nous sauve de l’absurdité et de l’impuissance, qu’Il est pardon et qu’Il nous préserve du désespoir, alors vous aurez rendu un grand service à vos frères et sœurs dans la foi. Car ils feront alors l’expérience que leur cœur n’a jamais besoin de se troubler, puisqu’il y a toujours Quelqu’un qui les aime, Quelqu’un qui fait que nous ne sommes jamais accablés de tristesse jusqu’à en mourir, découragés ou seuls. »
fr Bernard de Cock, OP © Marc Lamote
Croire en Dieu ne va pas de soi. Même celui qui croit est souvent en lutte avec Dieu. « Il doit même affronter cette lutte avec Dieu pour recevoir sa bénédiction, surmonter sa propre autosuffisance et pouvoir aller à la rencontre de son prochain réconcilié et purifié », a souligné frère Bernard. La lecture du récit du combat de Jacob avec l’ange nous a notamment appris que cette lutte ne se déroule pas sans blessures. Jacob boita durant tout le reste de sa vie.
En somme, frère Bernard nous a assuré que « Dieu s’appuie sur des personnes fragiles, qui hésitent, doutent et connaissent toutes sortes de difficultés, mais qui, malgré tout, continuent à faire confiance et vivent avec la conviction qu’Il supplée à ce qui nous manque en termes de forces propres ».
Ce message d’espérance s'est retrouvé également dans la prière d’ouverture :
Avec vos yeux, nous voyons aussi
Tout ce qui est porteur d’espérance pour ce monde :
le soleil qui ne renonce pas à commencer la journée,
la beauté et la force de croissance de la terre,
les personnes pauvres qui s’unissent,
la victime qui refuse de haïr,
la personne qui demeure proche dans la souffrance et la peine,
la maison qui ouvre ses portes à la personne déracinée,
chacun et chacune qui contribue personnellement à faire advenir dans le monde la différence qu’il ou elle souhaite y voir.
(traduction libre d'un texte de Kris Gelaude)
© Marc Lamote