Relations raciales et quête d’unité dans les Églises luthériennes d’Afrique australe
Le frère Philippe vit en Afrique du Sud depuis 1989. Il enseigne l’histoire à l’Université du KwaZulu-Natal. Au cours des trois dernières décennies, tout en poursuivant ses recherches en histoire moderne — son premier champ de spécialisation —, il s’est également consacré à l’histoire du christianisme en Afrique australe et au Rwanda. Constatant la sous-représentation du point de vue des populations autochtones dans les sources écrites, il a développé un intérêt marqué pour l’histoire orale, ce qui l’a conduit à réfléchir aux questions de mémoire, de traumatisme et de résilience.
L’histoire peut nourrir les conflits, mais elle peut aussi favoriser la paix et la réconciliation. Une recherche rigoureuse contribue à réduire les clivages. Tel est l’objet du dernier ouvrage du frère Philippe. Trente ans après l’apartheid, les Églises luthériennes noires et blanches d’Afrique australe demeurent institutionnellement séparées. En tant que partenaire du Conseil chrétien des Églises du KwaZulu-Natal, il a accompagné les évêques des anciennes Églises luthériennes noires et blanches dans la reprise de pourparlers en vue de l’unité.
L’histoire divisée des Églises luthériennes d’Afrique australe a occupé une place centrale dans ces échanges.
Pourquoi les luthériens noirs et blancs célèbrent-ils séparément ? De nombreuses tentatives ont été entreprises pour dépasser l’héritage du colonialisme et de l’apartheid. Pourquoi ont-elles échoué ? Le frère Philippe a cherché des réponses dans les archives et à travers des entretiens d’histoire orale.
L’ouvrage a été présenté lors du cinquantième anniversaire de l’Église évangélique d’Afrique australe (ELCSA), le 19 décembre 2025, à Rustenburg, dans la province du Nord-Ouest.