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Répertoire

8 août : fête de saint Dominique (1170-1221)

Né entre 1170 et 1171 à Caleruega, en Espagne, Dominique fut, dès son enfance, confié à un oncle prêtre du village voisin de Gumiel de Izán, qui l’initia progressivement tant à la connaissance intellectuelle des livres qu’aux activités et aux usages pastoraux de l’Église. À l’âge de quinze ans, il entreprit des études supérieures à Valence, notamment en théologie.

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Saint Dominique par Fra Angelico

Cathares

Dans les années 1196-1197, il fut ordonné prêtre et, à la demande du prieur de la communauté des chanoines de la cathédrale d’Osma, Diego de Acebes, il devint membre de cette communauté, dont il fut sous-prieur en 1201. En cette qualité, il accompagna Diego, devenu entre-temps évêque, lors de voyages au Danemark à la demande du roi de Castille (en 1203 et 1205).

Au retour du second voyage, tous deux se rendirent à Rome afin de demander l’autorisation de partir en mission dans le sud de la France, alors troublé par les Cathares. Le pape Innocent III les envoya dans la région du Languedoc (Albi et Toulouse). Mais, à la suite de la mort de Diego en 1207, Dominique se retrouva seul. Il dut collaborer avec les Cisterciens dans la lutte contre les «hérétiques cathares». Ces moines recouraient toutefois à des méthodes sévères et affichaient un train de vie luxueux. « Non, répondit Dominique aux Cisterciens qui remportaient peu de succès et lui demandaient conseil, "nous devons évangéliser en faisant de la pauvreté notre arme."

Saint Dominique

1170-1221

“Nous devons évangéliser avec la pauvreté pour arme”

« Je sais ce que j’ai décidé »

Et ainsi parvint-il, avec un succès évident, grâce à la pauvreté et au dialogue.
Fin 1206, Dominique fonda à Prouilhe (Fanjeaux) un monastère de femmes contemplatives, destiné à soutenir la prédication et à servir de lieu d’accueil (repos et soins) lors des retours ou des passages.

En 1215, Dominique fonda à Toulouse son premier monastère d’hommes de la « Sainte Prédication » et, dès 1216, il obtint du pape Honorius III l’approbation de son Ordre, le 22 décembre 1216. Peu après, le 21 janvier 1217, une seconde bulle pontificale confirma la mission universelle de l’Ordre.

Le 15 août 1217, Dominique envoya ses premiers frères dans les villes universitaires de Paris, Bologne et en Espagne. Plusieurs confrères ainsi que l’évêque de Toulouse n’y étaient guère favorables, mais Dominique déclara (après beaucoup de prière et de réflexion) : «je sais ce que j’ai décidé».

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Tombe de saint Dominique, église San Domenico de Bologne (IT) © Lawrence Lew, OP

Les restes de Dominique sont conservés dans cette église, dans un reliquaire réalisé par Nicola Pisano et Arnolfo di Lapo, puis remanié par Niccolò dell’Arca et Michel-Ange.

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Ce retable représentant la mort de saint Dominique se trouve chez les Dominicains de Londres, au Sanctuaire du Rosaire de l’archidiocèse © Lawrence Lew, OP

L’Ordre commémore cet événement comme une « fête de Pentecôte », au regard des succès qui s’ensuivirent : l’Ordre connut en effet une croissance considérable. Entre mille tâches, Dominique fut souvent en voyage : visites aux couvents récemment fondés, prédications ici et là, et préparation du premier chapitre général à Rome, en 1220. C’est là que la mission de l’Ordre fut principalement clarifiée et confirmée : former des communautés de prière (surtout liturgique), d’étude (surtout théologique) et de prédication de la Parole de Dieu.

Lors du second chapitre général en 1221, il renonça à la direction et, quelques mois après, il mourut épuisé le 6 août 1221 à Bologne, où il est enterré. Le 3 juillet 1234, Dominique fut canonisé par le pape Grégoire IX, un bon ami de longue date, à l’époque où celui-ci était encore cardinal.

« Ne pleurez pas, car je vous serai encore plus utile après ma mort que je ne l’ai été durant ma vie. »


Peu avant sa mort, Dominique aurait déclaré : « Ne pleurez pas, car je vous serai encore plus utile après ma mort que je ne l’ai été durant ma vie ». Malheureusement, aucun livre ni autre écrit de lui ne nous est parvenu, à l’exception d'une lettre qu’il adressa à ses moniales. Toutefois, lors du procès de sa canonisation, de nombreux témoins prirent la parole, si bien que nous pouvons nous faire une idée de son caractère et de sa spiritualité.

Dominique était un homme de prière, de tout cœur et de toute son âme (les neuf manières de prier de saint Dominique). Il était zélé, inspiré par l’Évangile, animé d’une grande compassion et doté d’un réel sens de l’organisation. Il était — si l’on peut dire cela d’un homme de son époque — démocratique et favorable aux femmes ; il croyait à la participation et au dialogue. Il était à la fois exigeant et critique, et en même temps doux et compréhensif ou, comme le dit un jour Lacordaire : « tendre comme une mère et dur comme un diamant ».

Baltasar Hendriks s.j.

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Détail d'une clé de voûte, couvent dominicain San Esteban à Salamanque (SP) © Lawrence Lew, OP