Noël
Temps liturgique: Temps de Noël
Jour liturgique: Noël
Année liturgique: Année C
Prédicateur: Philippe Cochinaux
Il y a une dizaine d'années est sortie cette pièce où entraient en dialogue Freud et un inconnu qui était Dieu. Permettez-moi en ce jour de Noël de vous livrer l'extrait suivant : Tu es tout-puissant, déclara Freud. Faux, répondit l'inconnu. Le moment où j'ai fait les hommes libres, j'ai perdu la toute-puissance et l'omniscience. J'aurais pu tout contrôler et tout connaître d'avance si j'avais simplement construit des automates. Alors pourquoi l'avoir fait ce monde ? demanda Freud. Pour la raison qui fait faire toutes les bêtises, répondit Dieu, pour la raison qui fait tout faire, sans quoi rien ne serait... par amour. Tu baisses les yeux, mon Freud, tu ne veux pas de ça, hein, toi, un Dieu qui aime ? Tu préfères un Dieu qui gronde, les sourcils vengeurs, le front plissé, la foudre entre les mains ? Vous préférez tous ça, les hommes, un Père terrible, au lieu d'un Père qui aime... Et pourquoi vous aurais-je fait si ce n'était par amour ? Mais vous n'en voulez pas, de la tendresse de Dieu, vous ne voulez pas d'un Dieu qui pleure... qui souffre... Oh, oui, tu voudrais un Dieu devant qui on se prosterne mais pas un Dieu qui s'agenouille. (E.-E. Schmitt, Le Visiteur, Actes-Sud, 1994, p. 53-54).