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Répertoire
Philippe Henne
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Immaculée Conception de la Vierge Marie

« Elle a dit : ‘oui’. »

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Peinture de l'église Notre-Dame de Montserrat, Rome © Lawrence Lew, OP

Elle a dit : « oui ». Ne serait-ce pas la meilleure définition que l’on pourrait donner de la Vierge ?

Elle a dit : « oui » spontanément, sans réfléchir, sans peser le pour et le contre. Elle a dit : « oui » tout simplement parce que Dieu le lui demandait.

Il y a eu pourtant beaucoup de personnes qui avaient dit : « oui » avant elle, mais ce n’était pourtant pas la même chose. Il y a eu Abraham qui a obéi à l’appel du Seigneur et cela lui fut compté comme un acte de justice. Il y a eu Samuel qui, par trois fois, a répondu : « Me voici. » Il y a eu les apôtres qui ont répondu : « oui » quand Jésus les a appelés. Mais ce n’était pas le même que chez Marie. C’était chez eux un oui qui était chaque fois lié à un arrachement. Abraham avait laissé son pays, sa famille et ses habitudes. Samuel s’était arraché aux ténèbres de la nuit pour se lever et répondre à son appel. Les apôtres avaient quitté leurs filets de pécheurs ou leur bureau de publicains. Leur oui correspondait à un moment de rupture par rapport à leur vie précédente.


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Source de Lourdes © Lawrence Lew, OP

Chez Marie, rien de tout cela. Son oui était la suite logique de sa vie. Elle a été toute sa vie disponible à cet appel.

Elle n’a pas tout abandonné pour suivre l’appel du Seigneur. Elle a continué sa vie de jeune fille toute donnée à Dieu. Il n’y a pas eu de rupture. C’était la continuation, l’accomplissement de sa vie antérieure, de tout ce qu’elle était. Même son départ pour rejoindre Élisabeth n’était pas un arrachement à sa famille et son milieu. C’était bien au contraire la suite logique de son dévouement à son entourage. Elle reviendrait ensuite chez elle où elle continuerait sa vie comme avant, parce que cette vie était déjà pleine de Dieu, comme elle était pleine de grâces.
Elle était en cela à l’image de Dieu. Il y a un tel amour en Dieu pour les hommes que le Fils devait venir sur terre pour nous sauver.

Ce n’était pas une obligation, c’était la suite logique de cet amour. C’était comme l’eau qui jaillit de la source.

Elle coule spontanément vers le bas pour arroser toute la plaine de l’humanité et de l’histoire. Marie, elle aussi, avait suivi son coeur et son destin. Elle était toute pleine d’amour et toujours disponible.
Elle est aussi à l’image de l’Église, toute tournée vers Dieu. Avançant péniblement dans les méandres de l’histoire humaine, elle continue son chemin vers l’océan d’amour de Dieu. Elle peut traverser les marécages de la division et de la persécution. Il y a toujours de l’eau qui s’échappe et qui coule vers la mer divine et, entretemps, elle nourrit de sa prière toute l’humanité environnante.
C’est sans doute cette simplicité de vie que nous sommes invités à imiter aujourd’hui au cours de cette fête : renouveler notre engagement du baptême pour Celui qui nous a tant aimés et qui nous invite à Lui dire encore une fois : « oui ».

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Baptême © Lawrence Lew, OP