Ce soir, nous entamons ensemble un itinéraire spirituel qui nous mènera de la nuit de la Pâque d’Israël en Égypte à la chambre haute de la Cène, à Jérusalem. Si, dans le livre de l’Exode, le peuple de Dieu est sauvé par le sang de l’agneau appliqué sur les montants des portes pour que l’Exterminateur passe outre, dans l’Évangile selon saint Jean, nous rencontrons l’Agneau véritable : Jésus.Il n’utilise pas de sang sur les boiseries, mais de l’eau pour laver les pieds de ses disciples, avant de verser son sang sur la croix pour libérer l’humanité de l’esclavage du péché.
En regardant le bassin et le linge ce soir, nous contemplons un Dieu déconcertant. Il est le Maître et le Seigneur, et pourtant il choisit de se faire esclave.
Ce lavement des pieds est en réalité une purification par la Parole. Lorsque le Seigneur dit à Pierre : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds », nous pouvons y voir une allusion au sacrement du baptême, par lequel nous avons été purifiés une fois pour toutes. Cependant, durant notre pèlerinage terrestre, nous devons encore fouler les chemins poussiéreux de l’égoïsme, des passions et des chutes quotidiennes. Cette poussière ne nous fait pas perdre notre identité d’enfants de Dieu, mais elle nous alourdit et nous souille.
Le Seigneur utilise sa Parole comme une eau vive pour purifier nos âmes. Chaque fois que nous l’écoutons et l’accueillons avec foi, elle purifie nos calculs étroits et les ténèbres de notre esprit. Le plus grand orgueil de l’homme consiste à refuser l’amour de Dieu et à refuser qu’il s’agenouille devant notre misère.Pierre avait d’abord refusé, se sentant indigne ; pourtant, Jésus nous enseigne que pour « avoir part » avec lui, nous devons être assez humbles pour le laisser nous servir.
Après avoir lavé les pieds, Jésus nous laisse un testament par l’action : « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » C’est une spiritualité de vie, une « mesure » pour le chrétien, particulièrement dans la vie de famille. En famille, « laver les pieds » signifie l’indulgence et le pardon.