Dimanche dernier, nous avons médité sur l’incrédulité de Thomas. Aujourd’hui, nous sommes invités à réfléchir sur le désespoir des disciples d’Emmaüs. Ces deux situations sont toutes différentes et elles ont reçu une réponse adaptée à cette différence. Thomas avait réagi comme un intellectuel, un scientifique. C’était un homme charnel. Il lui fallait toucher la réalité du corps ressuscité. Au contraire, les disciples d’Emmaüs étaient sentimentaux, affectifs. Ils avaient espéré que Jésus serait le sauveur d’Israël. Mais il était mort et enterré. Et, avec lui, tout leur avenir s’était effondré. C’était comme après une violente dispute ou une cruelle séparation dans un couple. On avait mis tant de joie et d’espoir dans la construction de cette relation. Et voilà que tout était brisé.
Que fallait-il faire maintenant ? En quoi, en qui pouvions-nous encore croire et espérer?
C’est à ce moment-là que commença une longue descente aux enfers. Depuis le sommet de la montagne de Jérusalem, où ils avaient accueilli triomphalement Jésus, comme depuis notre entrée triomphale dans l’église au bras de notre conjoint, nous sommes parfois descendus dans la vallée des larmes. La tête baissée, nous avons croisé des gens que nous ne connaissions pas, des personnes que nous ne connaissions plus. Certains nous ont parlé, mais on ne les comprenait pas. Certains nous ont expliqué toute notre histoire depuis le début, mais nous étions alors noyés par leurs paroles et par notre chagrin.