Le Pape François interpelle : « L’Église est comme un hôpital de campagne après une bataille. Il est inutile de demander à un blessé grave s’il a du cholestérol ou si son taux de sucre est haut ! Il faut d’abord soigner ses blessures. »
Cette foule de l’Évangile est notre miroir : vies brisées par la solitude, le péché et le désespoir. Devant elle, le Christ refuse le jugement. Loin de comptabiliser les fautes, Il se fait médecin : d’un regard, Il voit la souffrance ; d’un geste, Il guérit. Aujourd’hui, l’angoisse n’est plus un concept abstrait. Elle ronge l’intimité de nos familles et le cœur de nos communautés.
Regardons notre époque. Le troupeau est épuisé, l’avenir fait peur. Conflits, inflation, injustices : le quotidien est devenu un combat. Les jeunes perdent leurs repères, les adultes craignent le lendemain, les aînés s’enfoncent dans l’isolement.
Jusqu’au cœur de l’Église, les secousses se font sentir. Crises de foi, contre-témoignages, tiédeur. Beaucoup de chrétiens marchent à tâtons, blessés par l’inquiétude pour son avenir. Ce climat d’angoisse durcit les cœurs, engendre la colère, le repli sur soi et la méfiance réciproque.
Devant ce malheur global, l’indifférence du spectateur ou l’indignation stérile sur nos écrans nous guettent.
Le Christ, lui, nous ramène au réel : au milieu de la détresse, sais-tu aimer celui qui est à ton côté ? Dans ta maison ? Dans ta communauté ?
Sainte Teresa de Calcutta nous interpelle : « Il est facile d’aimer ceux qui sont loin. Il n’est pas toujours facile d’aimer ceux qui sont proches. Il est plus facile d’offrir un morceau de pain pour apaiser la faim d’un inconnu que de consoler la solitude d’une personne de notre propre famille. »