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Répertoire
Philippe Henne
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12ème Dimanche ordinaire

« Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière »

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Le début de cet évangile est pour le moins bizarre : Jésus parlerait dans les ténèbres et nous, nous devrions parler en pleine lumière. La première question est de savoir pourquoi Jésus nous parle dans les ténèbres. La réponse est toute simple : parce que les plus belles choses ne se crient pas, elles se murmurent. Roméo ne s’est pas mis à côté de Juliette pour lui crier bien fort dans les oreilles : « Je t’aime. » Il s’est assis à ses côtés, tout rouge de confusion, pour lui murmurer, en bégayant un peu : « Je t’aime. » De même, le Fils de Dieu n’est pas venu sur terre avec une armée d’anges et d’archanges pour hurler partout dans le monde : « Je vous aime ! ».

Il y a des choses qui se murmurent.

De même, le prophète Élie s’était enfui vers l’Horeb, le mont Sinaï pour y rencontrer Dieu et retrouver grâce à lui la force de vivre (1 Rois 19). Il s’était caché dans une caverne et attendait la venue du Seigneur. Un vent violent se leva, la terre trembla, un feu dévora tout à l’entour, mais Dieu n’était pas là. Un petit souffle de vent passa près de la grotte où Élie s’était réfugié. Le prophète reconnut alors la présence de Dieu auprès de lui.

C’est cela que Jésus veut nous dire dans les ténèbres. Le Christ n’est pas une vedette de la chanson qui hurle dans les micros devant des foules fanatiques. C’est bien plutôt comme un ami ou une mère qui s’assied à côté de nous et qui nous murmure des petits mots plein de tendresse.

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Guides du Canada, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Mais il y a autour de nous tant de bruit et d’agitation !

Les bombes tombent et couvrent de leur explosion les paroles de paix et de réconciliation. Les soucis et les tracas de tous les jours envahissent notre esprit et nous empêchent d’entendre le souffle discret de l’amour de Dieu tout près de nous.

C’est pour cela que tous les moines et tous les religieux commencent leurs prières par cet appel : « Dieu, viens à mon aide ! Seigneur, à notre secours ! » Ce n’est pas parce que nous sommes directement menacés par une persécution ou par une guerre sanglante. C’est tout simplement parce que nous nous réveillons et que nous nous rendons compte que nous avons couru loin de Dieu. Nous sommes comme ce petit enfant qui était parti au parc avec sa maman. Il avait son ballon à la main, et il s’était mis à jouer. Sans s’en rendre compte, il s’est peu à peu éloigné de sa mère, et soudain il s’arrête, regarde à droite et à gauche, et ne voit plus sa maman. Alors, il pleure parce qu’il se sent perdu.

Nous aussi, nous avons nos écouteurs dans les oreilles et les écrans devant nos yeux, et nous oublions Dieu.

Voilà pourquoi, au début de la messe, nous demandons que le Seigneur prenne pitié de nous et qu’il vienne nous rechercher.

Pour pouvoir entendre Dieu, il faut pouvoir se taire ou, du moins, baisser le volume de nos paroles et de nos actions. Il faut faire cela non seulement avec Dieu, mais aussi avec tous nos proches. Eux aussi, ils nous appellent et demandent que nous leur prêtions une oreille attentive.

Laissons le souffle léger de l’amour de Dieu nous caresser le visage.

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