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Répertoire
Philippe Henne
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14ème Dimanche ordinaire

« Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre »

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© Pixabay

Jésus en a plein la bouche. Il est tellement ébahi, admiratif. Il vient de découvrir une chose nouvelle chez son Père. Il savait déjà qu’il était le Maître du ciel et de la terre, mais il vient de découvrir quelque chose de nouveau, quelque chose de plus beau encore.

Jésus fait penser à un enfant qui voit son père capable de réparer en un instant un jouet qui était cassé, ou bien encore en train de faire fuir des bandits qui étaient entrés dans la maison pour commettre un cambriolage. Le petit enfant est là, debout, les yeux tout ronds, la bouche entrouverte : son père vient de réaliser un miracle. Il est vraiment le plus fort, voilà ce que dit ce petit garçon. Et Jésus fait de même.

Il savait bien que son Père était le plus fort. C’est lui qui lui a donné la vie. Il est son Fils. C’est lui qui est le Seigneur du ciel et de la terre, mais ce qui étonne le plus Jésus, ce n’est pas que son Père ait renversé les puissances du mal ou bien ouvert la mer Rouge au peuple d’Israël. Non !

Ce ne sont pas ces actions brutales et violentes qui ont le plus impressionné Jésus, c’est tout simplement parce que Dieu s’est fait tout petit auprès des tout-petits, et qu’il leur a manifesté son amour.

Et c’est là la grande nouveauté du Nouveau Testament : Dieu n’est pas comme les dieux de la mythologie, qui écrasent leurs ennemis et renversent les puissants de leur trône. Non ! Notre Dieu, c’est quelqu’un qui élève les humbles et qui comble les affamés de justice et de paix.

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C’est pour cela que l’on se moque parfois du pape, en disant qu’il fait de beaux discours, mais que cela ne sert à rien. Staline se moquait du pape Pie XII et demandait combien de divisions de chars il avait. Le règne de Staline était basé sur la peur et la terreur. Le règne de Pie XII était celui d’un serviteur au service de Quelqu’un de plus grand que lui. Les plus grands dans l’Église, ce sont les religieuses qui, dans les campagnes ou dans les banlieues pauvres des grandes villes, viennent apporter des soins au plus démunis ou de la chaleur humaine aux plus isolés. Ce sont les mères de famille qui se lèvent encore une fois la nuit, malgré la fatigue, parce que le petit traîne une mauvaise grippe. Ce sont les bénévoles qui doivent encore subir la mauvaise humeur d’une vieille personne isolée, aigrie, agressive. C’est à ceux-là, aux lépreux, aux collecteurs d’impôt, ces "sales" collaborateurs de l’occupant romain, que Jésus est venu apporter un message de libération et de résurrection.

Et c’est cela qui étonne même Jésus. Dieu le Père aurait pu utiliser toute sa puissance et tout son pouvoir pour épater les gens par des actions d’éclat. Eh bien, non ! Bien au contraire, c’est une petite fille qui a vu la Vierge à Lourdes. Ce sont des bergers qui, la nuit, ont été invités à adorer l’enfant Jésus. C’est un mendiant qui a reçu la moitié du manteau de saint Martin.

Dieu n’a pas envoyé son Fils à la cour du roi Hérode, ni même à la cour impériale, mais dans des petits villages de Judée et de Galilée pour y apporter la Bonne Nouvelle.

C’est ce que Marie a découvert tout étonnée : « Le Puissant fit pour moi des merveilles. Saint est son Nom ! »

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via wikimedia commons