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Répertoire
Philippe Henne
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16ème Dimanche ordinaire

Le bon grain et l’ivraie

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© Lawrence Lew, OP

Dimanche dernier, l’évangile nous parlait du grain qui tombait sur la route, dans les ronces ou dans de la bonne terre, c’est-à-dire qu’il nous parlait de la façon avec laquelle nous recevons la Bonne Nouvelle. Aujourd’hui il nous parle du bon grain et de l’ivraie, c’est-à-dire de la façon avec laquelle nous laissons croître en nous cette Bonne Nouvelle. Et on voit que c’est à ce moment-là que commencent les problèmes.

Personne n’est tout à fait parfait dans une communauté et nous avons tous de bonnes raisons de nous plaindre de l’un ou de l’autre. C’était déjà comme cela à l’époque de Jésus. Deux des apôtres étaient tellement impulsifs et violents que Jésus les avait appelés les fils du tonnerre (Marc 3, 17), et pourtant ce sont eux qui ont accompagné Pierre quand Jésus a été transfiguré (Marc 9, 2). C’était parce que, malgré leur caractère vif et emporté, ils étaient nourris d’une foi profonde et animés d’un grand amour pour Jésus-Christ.

C’étaient eux qui avaient demandé à Jésus d’être assis à côté de lui, à sa droite et à sa gauche (Marc 10, 35 - 45). Ils demandaient donc la première place, ce qui a provoqué l’indignation et la colère chez les autres apôtres.

Ils devaient encore apprendre en quoi consistait le vrai service auprès de Jésus, non pas prendre la première place, mais accepter celle de serviteur.

Et ils sont devenus de grands missionnaires et de grands prédicateurs de la foi chrétienne.

Il y avait donc déjà, dès le début, des querelles et de la jalousie à l’intérieur du groupe des apôtres. Alors à plus forte raison en est-il de même dans nos communautés paroissiales et même dans nos familles. Le Christ, lui, n’est pas venu pour écraser les fautifs et les imparfaits. Il a même accepté Judas dans son groupe d’apôtres alors qu’il savait qu’il allait le trahir, mais il voulait lui donner une chance de pouvoir se convertir.

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Statue de saint Jean Bosco, basilique Saint-Pierre, Vatican © Lawrence Lew, OP

Comme le dit le prophète Isaïe, Jésus n’était pas venu pour briser le roseau courbé ou éteindre la flamme qui chancelait (Isaïe 42, 3). Jésus était venu donner à chacun d’entre nous une chance de se convertir. C’était cela le grand mérite d’un éducateur comme Don Bosco : offrir aux enfants de la rue à Turin la possibilité de se transformer et de laisser s’épanouir ce qu’il y avait de meilleur en eux. Jésus fait de même avec chacun d’entre nous. Nous ne sommes pas les meilleurs, mais nous ne sommes pas non plus les plus mauvais, mais nous sommes parfois enfermés dans un mauvais rôle avec notre conjoint, nos frères et soeurs dans la communauté ou dans le bureau. C’est pour cela que des hommes et des femmes demandent parfois de changer de service ou quittent leur conjoint : ils se sentent prisonniers de l’image négative que leurs voisins ont d’eux.

C’est un peu tous les jours qu’il faut recommencer à vivre avec ses proches.

C’est ce que Jésus a fait avec Pierre après sa trahison. Il lui a demandé s’il l’aimait. C’était pour Jésus et pour Pierre une manière de revenir à l’essentiel. C’est aussi à nous aujourd’hui de faire de même. Voilà pourquoi nous sommes ici dans cette église.

C’est retrouver l’essentiel de notre vie : l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous. C’est à partir de cela que nous pouvons recommencer à vivre non seulement avec Jésus, mais aussi avec tous les autres qui nous entourent.

Donnons-leur ce que nous avons reçu : une nouvelle chance de laisser s’épanouir en nous et en eux ce qu’il y a de plus beau dans le coeur de chacun d’entre nous.

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