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Répertoire
Philippe Henne
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19ème Dimanche ordinaire

« Seigneur, sauve-moi »
Matthieu 14, 22 - 33

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Edvard Munch, Le Cri, Galerie nationale de Norvège, via wikimedia commons

Le cri de saint Pierre est le cri de toute l’humanité.

On a beau se boucher les oreilles, couper la télévision pour ne plus voir les informations, mais rien n’y fait. Nous sommes envahis par de mauvaises nouvelles. Les avions, les missiles et les drones bombardent les casernes militaires, les ponts et les ports, mais aussi les villes et les villages habités par d’honnêtes gens. Nul n’est épargné par la guerre et personne ne voit la fin de cette folie. Mais tout cela, ce ne sont plus de tristes nouvelles qui nous viennent de loin. Même ceux qui sont partis en vacances ont été confrontés aux immenses colonnes de fumée qui ont couvert le ciel alors qu’ils étaient à la plage ou dans les montagnes. Rien ne semble plus pouvoir arrêter la menace de la guerre et des catastrophes naturelles. Alors, comme Pierre et avec lui, nous crions : « Seigneur, sauve-nous. »

Et pourtant Pierre, comme tous les autres apôtres, avaient vu le même jour Jésus multiplier les pains et nourrir une foule immense. Et pourtant, nous, chacun d’entre nous, nous avons eu de beaux moments avec notre conjoint, des moments où ensemble nous avons traversé de grandes difficultés. Nous étions comme Marie et Joseph dans le désert en route pour l’Égypte, pour sauver le petit, Jésus, qui venait de naître. Il n’était alors pas question de s’arrêter, de partir et de tout laisser tomber. Il fallait continuer parce qu’il n’y avait plus personne d’autre que Marie et Joseph, et que l’un et l’autre ont appris à compter sur le conjoint. Oui, bien sûr, Joseph n’était pas un héros, mais il était courageux, fort et patient. Il ne se plaignait pas. Il marchait, fidèle, tirant sur la corde pour que l’âne le suive. Et c’est ainsi qu’il a sauvé Marie et Jésus.

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Fuite en Egypte, retable en bronze, cathédrale de San Francisco © Lawrence Lew, OP

Il en était de même avec Jésus. Il disait de belles choses, des choses qui faisaient pleurer tellement elles étaient belles. Il faisait de grandes choses. Il guérissait des malades et nourrissait des foules entières. Mais, dans cette nuit, au milieu de cette mer de Galilée déchaînée, de ce vent hurlant, de ces vagues énormes qui allaient tout engloutir, Pierre ne voyait plus rien, il ne voyait même plus Jésus. Il était seul. Il était perdu. Jésus l’aurait-il oublié ?

Et Pierre se retourna vers lui et il cria plus fort encore que le vent, que l’orage qui l’entouraient et qui semblaient vouloir l’anéantir.

Pourquoi cria-t-il ainsi vers Jésus et pourquoi l’appela-t-il Seigneur ? Parce que lui et lui seul avait les paroles de la vie éternelle.

Après la multiplication des pains, dans l’évangile selon saint Jean, les disciples rassasiés avaient été scandalisés parce que Jésus leur avait dit qu’il fallait qu’ils mangent son corps et boivent son sang. Ils étaient alors tous partis. Tous ? Non, seuls Pierre et les autres apôtres étaient restés. Et pourquoi ? Pierre le dit, les larmes dans les yeux : « Parce que toi, Jésus, tu as les paroles de la vie éternelle. »

En d’autres termes,
Jésus, toi ce que tu dis et ce que tu fais, je ne le comprends pas toujours,
mais je sais, je sens que c’est vrai
parce que ensemble nous avons traversé tant de belles et de difficiles périodes
que cela dépasse tout mensonge et toute imagination.
Tu es la main ferme qui m’aide et me soutient.
Dans les tempêtes de la vie comme dans les brouillards de la tristesse,
ne m’abandonne pas.

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© AVM