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Répertoire
Chuyen Pham
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1er Dimanche de Carême

La responsabilité de la liberté

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Jardin de Marie,campus de la Catholic University of America (USA)© Lawrence Lew, OP

En ces premiers jours du Carême, la Liturgie nous ramène au jardin d’Éden pour contempler la dignité sublime de l’être humain. Dieu a insufflé en nos narines le souffle de vie pour que nous devenions des êtres vivants à Son image. Pourtant, le drame surgit avec l’apparition du serpent, le plus rusé de tous les animaux. Le diable n’attaque pas par la violence, mais par le dialogue. Il n’impose rien, il suggère ; il sème le doute sur l’amour du Père par cette question insidieuse : « alors, Dieu vous a vraiment dit... ? ». L’erreur d’Adam et Ève fut de s’arrêter pour discuter avec le menteur, finissant par croire à cette promesse illusoire : « vous serez comme des dieux ». Le résultat ne fut pas la puissance, mais la honte et la nudité d’une âme dépouillée de la grâce.

À l’opposé du premier Adam qui a chuté dans un jardin luxuriant, Jésus, le Nouvel Adam, triomphe dans un désert aride. Les trois tentations que Jésus subit sont en réalité un combat sur l’essentiel. Satan veut que Jésus détourne la puissance de Dieu pour servir son propre ego, en recherchant le prestige et le pouvoir mondain.

Face à ces séductions, Jésus ne dialogue pas avec des arguments humains, Il utilise la Parole de Dieu comme un bouclier pour affirmer que Dieu seul est notre héritage et la nourriture véritable de l’homme.

Ce combat au désert nous invite à regarder en face la vérité de notre propre combat spirituel. Nous avons souvent l’habitude de pointer du doigt le démon après chaque chute en disant : « c’est le diable qui m’a tenté ». Mais la vérité est que le diable n’est que le tentateur ; il n’a aucun pouvoir de contraindre notre volonté. Le malin ne peut agir que sur notre imagination ou nos désirs extérieurs, mais la décision finale appartient à notre libre arbitre. Comme le disait saint Augustin : « Dieu qui t’a créé sans toi, ne te sauvera pas sans toi ».

De même, le diable ne peut nous faire tomber si nous ne lui ouvrons pas la porte. Il peut frapper à la porte avec des mots doucereux, mais c’est nous qui tenons la clé du péché.

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Porte de la crypte, abbaye de Farnborough (UK) © Lawrence Lew, OP

Parfois, nous sommes trop focalisés sur une force surnaturelle extérieure, oubliant que la tentation la plus dangereuse réside en nous : l’orgueil, la cupidité et l’hypertrophie du "moi".

Quand nous disons « c’est la faute du diable », nous répétons l’esquive d’Adam : « c’est la femme que Tu as mise auprès de moi... ». Accuser l’autre, c’est refuser de se convertir. Dieu respecte l’homme au point d’accepter le "risque" de notre liberté. Chaque fois que nous péchons en toute connaissance de cause, ce n’est pas un accident, c’est une affirmation de soi contre Dieu. À ce moment-là, le diable n’est que le "supporter" d’un égoïsme déjà présent dans notre cœur.

Le Carême est le temps de la Vérité, il nous appelle à un examen de conscience sincère. Au lieu de blâmer le serpent, nous devons assumer la responsabilité de nos choix.

Le diable peut tenter, mais seul l’homme peut se repentir.

C’est le privilège le plus grandiose que Dieu a donné à l’humanité, une grâce que "le serpent" n’aura jamais. Malgré la fragilité de notre condition héritée d’Adam, nous avons en Jésus-Christ un Défenseur puissant.

Seigneur Jésus, Toi qui as utilisé ta liberté pour dire un "Oui" parfait au Père dans le désert, aide-nous à ne pas fuir la vérité, mais à assumer la responsabilité de nos vies. Donne-nous de saisir ce privilège de la repentance pour devenir de vrais disciples du Christ, et traverser avec Toi le désert de ce monde vers la joie éclatante de la Pâques. Amen.

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© Pexels-Spencer