En ces premiers jours du Carême, la Liturgie nous ramène au jardin d’Éden pour contempler la dignité sublime de l’être humain. Dieu a insufflé en nos narines le souffle de vie pour que nous devenions des êtres vivants à Son image. Pourtant, le drame surgit avec l’apparition du serpent, le plus rusé de tous les animaux. Le diable n’attaque pas par la violence, mais par le dialogue. Il n’impose rien, il suggère ; il sème le doute sur l’amour du Père par cette question insidieuse : « alors, Dieu vous a vraiment dit... ? ». L’erreur d’Adam et Ève fut de s’arrêter pour discuter avec le menteur, finissant par croire à cette promesse illusoire : « vous serez comme des dieux ». Le résultat ne fut pas la puissance, mais la honte et la nudité d’une âme dépouillée de la grâce.
À l’opposé du premier Adam qui a chuté dans un jardin luxuriant, Jésus, le Nouvel Adam, triomphe dans un désert aride. Les trois tentations que Jésus subit sont en réalité un combat sur l’essentiel. Satan veut que Jésus détourne la puissance de Dieu pour servir son propre ego, en recherchant le prestige et le pouvoir mondain.
Face à ces séductions, Jésus ne dialogue pas avec des arguments humains, Il utilise la Parole de Dieu comme un bouclier pour affirmer que Dieu seul est notre héritage et la nourriture véritable de l’homme.
Ce combat au désert nous invite à regarder en face la vérité de notre propre combat spirituel. Nous avons souvent l’habitude de pointer du doigt le démon après chaque chute en disant : « c’est le diable qui m’a tenté ». Mais la vérité est que le diable n’est que le tentateur ; il n’a aucun pouvoir de contraindre notre volonté. Le malin ne peut agir que sur notre imagination ou nos désirs extérieurs, mais la décision finale appartient à notre libre arbitre. Comme le disait saint Augustin : « Dieu qui t’a créé sans toi, ne te sauvera pas sans toi ».