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Répertoire
Philippe Henne
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20ème Dimanche ordinaire

« Les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table »

Matthieu 15, 21 - 28

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© Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

Encore une fois, Jésus semble faire preuve d’une immense cruauté. Devant la détresse d’une mère qui souffre de voir son enfant en train de mourir, il fait tout d’abord la sourde oreille et ensuite il lui refuse toute aide et tout réconfort. Faut-il qu’il ait un coeur de pierre pour agir de la sorte ?

Mais non ! Jésus n’est pas raciste. Il ne rejette pas les païens de son oeuvre de salut. Il a déjà prouvé qu’il était prêt à aider tout homme de bonne foi. Il l’avait fait quelque temps auparavant : c’était quand un centurion était venu lui demander de sauver son enfant. Jésus n’avait aucune raison de l’écouter : ce centurion était un chef militaire de l’armée d’occupation romaine en Palestine. Et pourtant ce païen, cet étranger, cet exploiteur des gens et des biens en Palestine fit cette simple réflexion : « Seigneur, je ne mérite pas que tu viennes sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon enfant sera guéri » (Matthieu 8, 8).

Et c’est ce que nous répétons chaque dimanche avant de recevoir la communion : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir. »

C’est un acte d’humilité, certes, mais cela ne veut pas dire que l’on doive se réduire à ramper comme un ver de terre devant l’écrasante et terrifiante puissance destructrice de Dieu. Non ! Il s’agit d’ouvrir les yeux et de découvrir avec stupeur qui est là devant nous : le Dieu créateur du ciel et de la terre, celui qui donne la vie à tous les oiseaux dans le ciel et à toutes les bêtes sur la terre, celui qui donne à tant d’hommes et de femmes la force et le courage de quitter leur pays pour aller apporter la joie de connaître Dieu. Qui suis-je pour paraître devant Lui ?

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Statue de sainte Thérèse de Lisieux, jardins de l'Institut Notre-Dame de Vie, Vénasque (FR) © Lawrence Lew, OP

C’est ce que Thérèse de Lisieux a écrit dans ses carnets intimes. Elle avait appris qu’une de ses soeurs faisait un beau mariage avec quelqu’un d’important dans la société. Mais la petite Thérèse, en se réjouissant de cette belle union, écrivait que, elle, elle avait épousé le Roi des Rois, le Seigneur des Seigneurs. Elle était consciente de la chance immense qu’elle avait de pouvoir vivre dans l’intimité de Jésus qui est plus qu’un homme puisqu’il est vraiment Dieu. Un seul regard, une seule parole venant de sa bouche suffisait à la remplir d’une extrême joie et d’un grand bonheur.

Il en était de même pour cette pauvre mère de famille qui implorait l’aide de Dieu pour son enfant. Un regard, un sourire suffirait à la sauver, de même que Jésus ressuscité avait rendu la joie de vivre et d’être aimée à Marie Madeleine qui pleurait sur le tombeau (Jean 20, 16). Un mot, un seul l’avait arrachée à la sombre nuit du désespoir.

Il en était de même pour cette Cananéenne. Elle ne réclamait pas la première place. Elle espérait juste une petite attention, un petit regard.

Elle nous rappelle que participer au festin de l’eucharistie n’est pas un droit ou quelque chose de définitivement acquis. C’est toujours une invitation exceptionnelle par son ampleur : le Fils de Dieu qui nous invite à sa table !

On ne devrait jamais s’y habituer.

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© op.org