Encore une fois, Jésus semble faire preuve d’une immense cruauté. Devant la détresse d’une mère qui souffre de voir son enfant en train de mourir, il fait tout d’abord la sourde oreille et ensuite il lui refuse toute aide et tout réconfort. Faut-il qu’il ait un coeur de pierre pour agir de la sorte ?
Mais non ! Jésus n’est pas raciste. Il ne rejette pas les païens de son oeuvre de salut. Il a déjà prouvé qu’il était prêt à aider tout homme de bonne foi. Il l’avait fait quelque temps auparavant : c’était quand un centurion était venu lui demander de sauver son enfant. Jésus n’avait aucune raison de l’écouter : ce centurion était un chef militaire de l’armée d’occupation romaine en Palestine. Et pourtant ce païen, cet étranger, cet exploiteur des gens et des biens en Palestine fit cette simple réflexion : « Seigneur, je ne mérite pas que tu viennes sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon enfant sera guéri » (Matthieu 8, 8).
Et c’est ce que nous répétons chaque dimanche avant de recevoir la communion : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir. »
C’est un acte d’humilité, certes, mais cela ne veut pas dire que l’on doive se réduire à ramper comme un ver de terre devant l’écrasante et terrifiante puissance destructrice de Dieu. Non ! Il s’agit d’ouvrir les yeux et de découvrir avec stupeur qui est là devant nous : le Dieu créateur du ciel et de la terre, celui qui donne la vie à tous les oiseaux dans le ciel et à toutes les bêtes sur la terre, celui qui donne à tant d’hommes et de femmes la force et le courage de quitter leur pays pour aller apporter la joie de connaître Dieu. Qui suis-je pour paraître devant Lui ?