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Répertoire
Philippe Henne
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21ème Dimanche ordinaire

« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant »

Matthieu 16, 13 - 20

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© Pixabay

Quelle surprise !

Pierre a découvert que cet homme qui était devant lui était non seulement le Messie tant attendu, mais aussi le Fils de Dieu. Cette révélation ne lui avait pas été faite au milieu du tonnerre et des éclairs, comme à Moïse sur le mont Sinaï. Ce n’était pas non plus au cours d’un violent éclair de lumière comme cela s’était passé avec Paul sur le chemin de Damas.

C’était au cours d’une conversation entre Jésus et ses apôtres. Le Maître, angoissé, leur avait demandé ce qu’ils pensaient de lui, et ils lui avaient répondu par une généralité : il serait un prophète. Mais soudain Pierre, illuminé, lui avait dit des choses qu’il n’avait encore jamais pensé auparavant : c’était quelque chose qu’il avait en lui, sans le savoir, mais qui était resté caché. Cela a soudain surgi au milieu de sa conscience : « Tu es le Messie, le Fils de Dieu. »

Pierre préfigurait ainsi l’action de l’Esprit Saint au coeur de chacun d’entre nous.

Le sacrement du baptême a déposé en nous une étincelle de vérité qui ne demande qu’à monter à notre coeur : « Jésus est vraiment Fils de Dieu ». Cela paraît encore confus parce que nous ne voyons pas encore toutes les conséquences de cette découverte. Mais nous le savons, c’est quelque chose de vrai et qui va changer toute notre existence. C’est comme quand un jeune homme se dit soudain : « Oui ! c’est avec elle que je veux passer toute ma vie. » C’est une lumière qui jaillit et ne demande qu’à se répandre partout dans son existence. Car cela change tout.


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Quand Pierre fut saisi par cette intuition, il put par la suite discerner ce qui était bon et ce qui était secondaire dans la vie de la foi. C’était cela, ce pouvoir que le Fils de Dieu lui donna : lier et délier, c’est-à-dire mettre en pratique cette nouvelle intuition de la foi. Et c’est ce que Pierre fit par la suite. Quand il était en route vers la maison de Corneille, un centurion romain, doublement honni par tous les Juifs de l’époque, tout d’abord parce que c’était un païen, ensuite parce que c’était un officier de l’armée d’occupation, Pierre vit une grande nappe descendre du ciel avec toutes sortes d’animaux, purs et impurs. Le Seigneur lui dit d’en manger la chair.

Pierre comprit par la suite qu’il n’y avait plus de règle de pur et d’impur, que tous les hommes qui étaient purs et qu’il n’y avait rien d’impur dans la création.

C’est ainsi qu’il eut l’audace de rentrer chez Corneille, ce païen, et de le baptiser, lui et toute sa maisonnée. Pierre avait délié tous les liens de l’impureté qui retenaient tant d’hommes dans la captivité de l’exclusion. Lui-même était sur le chemin de la libération de ses propres préjugés culturels et religieux.

Si Pierre eut cette intuition, c’était parce que la grâce du Saint-Esprit avait pu pénétrer au plus profond de son coeur.

Sans doute avait-il lui aussi besoin de reconnaissance et d’une libération de tous les préjugés qui l’accablaient, lui, le pécheur du lac de Galilée. Mais imaginer que Jésus pouvait être Fils de Dieu, cela jamais il n’aurait pu le faire. Il fallait que cela soit une révélation.

Il y a des choses qui ne s’inventent pas. La foi en Jésus-Christ en fait partie. C’est à nous de laisser croître la grâce de l’Esprit reçue au baptême, nourrie par l’eucharistie, encouragée par la prière de l’Église.

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© Lawrence Lew OP