Saint Pierre est incorrigible. Avec lui, on passe du tout au tout. La semaine dernière, il proclamait que Jésus était le Messie, le Fils de Dieu. Aujourd’hui, il veut retenir Jésus et l’empêcher de monter à Jérusalem pour y subir le supplice de la croix. Tout cela part d’un bon sentiment. Pierre est généreux, spontané. Il dit ce qu’il a sur le coeur, tout de suite, sans réfléchir. Mais voilà, quand Pierre proclamait que Jésus était le Fils de Dieu, c’était sous l’inspiration du Saint-Esprit. Quand il se révolte contre l’annonce de Jésus sur sa mort prochaine, il réagit de façon tout humaine, presque égoïste : pour lui, il faudrait que Jésus reste tout le temps près de lui. Ce n’était plus de la générosité. C’était un caprice d’enfant : « Ne pars pas ! Reste avec moi », dit-il en substance à Jésus. Cette forme d’égoïsme peut se manifester dans un couple. Un homme peut dire à sa femme : « Ne pars pas ! Reste à la maison ! Occupe-toi de moi. »
C’est pour cela qu’il y a un voyage de noces au début du mariage : il faut que les nouveau mariés apprennent à se connaître et surtout à vivre ensemble. Chacun avait sa façon de vivre, de manger, de dormir, de ranger la vaisselle, les vêtements. Tout cela pourrait être un sujet de dispute parce que chacun a ses habitudes et que personne n’aime être dérangé.
De même, saint Pierre voulait garder Jésus comme il le voyait, c’est-à-dire quelqu’un qui faisait des miracles et qui disait de belles choses.
Voilà pourquoi Jésus l’a traité de Satan. Pierre l’empêchait de réaliser sa véritable mission : sauver le monde entier, et pas seulement quelques pécheurs de Galilée. C’est comme si Pierre empêchait Jésus d’être vraiment Fils de Dieu, sauveur du monde.