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Répertoire
Philippe Henne
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23ème Dimanche ordinaire

Deux ou trois réunis en mon nom

Matthieu 18, 15 - 20

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© Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

Cette dernière parole de l’évangile d’aujourd’hui me paraît particulièrement bien adaptée à notre situation actuelle.

Tout d’abord, parce que beaucoup d’entre nous se plaignent de voir les églises se vider et les communautés dominicales vieillir sans signe d’un abondant renouvellement. C’est avec envie et parfois jalousie que certains regardent à la télévision les belles messes retransmises où une foule nombreuse est réunie autour d’un grand nombre de prêtres, tout cela au milieu de beaux chants et de belles liturgies. C’est vrai que ces grandes manifestations nous touchent par leur beauté et par leur ampleur. Le danger, c’est qu’après cela on a tendance à regarder avec un peu avec un peu de regret nos petites communautés vieillissantes.

Alors se pose la question de savoir ce que Dieu attend de nous devant un tel contraste. Doit-on fuir nos petites églises un peu vides pour nous réfugier devant notre écran de télé ou ne devons-nous pas considérer nos messes dominicales comme des oasis dans le désert de notre société souvent individualiste et indifférente à la foi chrétienne ?

Une oasis, c’est tout d’abord un petit point perdu dans un grand désert, mais ce n’est pas parce que c’est petit que c’est triste.

Bien au contraire, une oasis est un lieu de repos, de joie et de réconfort. Les nomades, dans leur longue marche solitaire dans le désert, attendent et espèrent le moment où ils pourront se reposer dans la prochaine oasis. C’est cela que bon nombre de nos messes paroissiales sont souvent : des lieux de repos et de fraternité. C’est cela que la télévision ne pourra jamais apporter, le contact réel et concret avec des frères et des soeurs.

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Oasis, Lybie | Sfivat, Public domain, via Wikimedia Commons

C’est pour cela que la messe dominicale peut être pour nous une oasis, parce que nous nous sentons alors soutenus par la prière de notre voisin et de notre voisine.

Tous, elles et nous, nous apportons le meilleur de nous-mêmes le dimanche matin ou le samedi soir. Nous apportons notre joie de connaître le Christ et notre désir de le rencontrer plus intensément. C’est cela qui nous nourrit pour la semaine, qui nous donne la force de vivre parfois des moments difficiles dans le couple, ou au contraire la joie d’avoir rencontré quelqu’un qui nous aime tels que nous sommes et qui nous apporte ainsi une certaine paix intérieure.

C’est ce sentiment de communauté profonde que vivent les moines et les moniales, les religieux et les religieuses qui sont perdus dans un petit village ou dans un pays étranger, où ils apportent leurs prières et leur aide matérielle dans l’enseignement ou les soins à domicile. Elles ne sont souvent que deux ou trois, ces religieuses qui le soir, après une journée harassante, se retrouvent dans la prière commune. Jésus est vraiment présent dans leur petite chapelle. Ce petit oratoire devient grâce à leurs prières un foyer de lumière et de charité. Il suffit pour cela qu’elles soient deux ou trois.

Nous aussi, nous pouvons faire de nos familles un petit foyer de lumière et de charité.

Il suffit que les parents et les enfants se mettent à prier ensemble, au début du repas, par exemple, ou à un autre moment de la journée. Cette petite prière permet de rappeler à tous et à chacun que c’est Dieu qui nous donne la vie et qui nous donne son amour. C’est grâce à cela que nous pouvons former une belle famille tournée vers Dieu et vers les autres pour leur offrir ce que nous avons reçu, la tendresse de Jésus pour chacun d’entre nous.

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© Pexels Rodnae productions