Pardonner, ce n’est pas normal, ce n’est pas humain. Nous avons tous été blessés et même presque détruits par la malveillance et la méchanceté de certaines personnes. Cela peut être au travail et cela peut même être dans la famille ou dans le couple. Cela pouvait être une parole maladroite ou une grave trahison. Comment peut-on supporter un tel méfait ? Comment le Christ peut-il nous demander de pardonner, c’est-à-dire de faire comme si rien ne s’était passé ?
Parce qu’il l’a fait lui-même ! Il a été trahi par Pierre. Il a été trahi par Judas. L’un est mort, il s’est suicidé. L’autre a survécu, il est devenu le chef des apôtres. Et surtout Pierre avait accepté d’être pardonné, de tout recommencer avec Jésus, celui qu’il avait trahi, celui devant lequel il avait honte de se trouver. Jésus lui avait juste demandé l’essentiel : « M’aimes-tu ? » Cette réconciliation que Jésus lui avait offert lui avait non seulement donné la paix dans son coeur, mais aussi l’énergie de servir le Seigneur jusqu’à la mort.
À chacun d’entre nous, la liturgie nous offre la possibilité de nous réconcilier : c’est le baiser de paix.
Ce rituel pendant la messe n’est pas simplement un petit bonjour donné par politesse. C’est un geste de réconciliation comme le Seigneur l’avait demandé : « Laisse là ton offrande et va te réconcilier avec ton frère » (Matthieu 5, 24).