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Répertoire
Philippe Henne
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25ème Dimanche ordinaire

Les ouvriers de la dernière heure

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© Lawrence Lew, OP

Jésus semble parfois maladroit : au lieu d’encourager ses disciples à persévérer dans la pratique de ses commandements, il les décourage en leur disant que, de toutes façons, des hommes qui auront péché toute leur vie seront admis au paradis s’ils se convertissent, même à la dernière minute. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : les ouvriers de la première heure, ce sont les chrétiens qui ont été baptisés dès leur naissance et qui ont suivi les règles et les lois de la religion chrétienne, tandis que les ouvriers de la dernière heure, ce sont ceux qui ont bien profité de la vie et qui, sur leur lit de mort, reçoivent tous les sacrements nécessaires pour pouvoir entrer au paradis.

Ce n’est pas la seule fois que Jésus tient de tels discours étonnants.

Dimanche prochain, nous l’entendrons dire que les publicains et les prostituées précéderont les grands prêtres et les anciens du peuple juif dans le royaume de Dieu. Nous connaissons des publicains qui se sont convertis et qui ont tout donné par amour pour lui. C’est Zachée qui était monté sur un arbre pour voir Jésus et qui, après l’avoir reçu chez lui, avait promis de rendre tout l’argent qu’il avait volé. C’est Matthieu qui était installé à son bureau à Capharnaüm et qui a tout laissé pour suivre Jésus et devenir ensuite missionnaire dans le monde entier. Nous connaissons aussi des prostituées qui ont abandonné leur vie dissolue pour suivre le Christ. La plus célèbre est Marie-Madeleine qui eut l’insigne honneur d’être la première personne à qui Jésus ressuscité s’est manifesté.

Pourquoi ces personnes ont-elles connu un tel changement ? Parce qu’elles n’étaient satisfaites de la vie qu’elles menaient, les uns en accumulant de l’argent, les autres en collectionnant des clients.

Ils se rendaient bien compte que tout cela n’avait pas de sens et qu’ils étaient capables de réaliser de plus belles choses.

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© iStock

Et c’est là toute la différence entre ces personnes et nous. Nous avons la chance de connaître Jésus depuis bien longtemps et nous avons le bonheur de pouvoir le rencontrer dans la prière et la sainte eucharistie. Mais nous sentons bien que cela n’est pas assez. Nous voudrions pouvoir être plus proches de lui encore par la prière et par toute notre vie, que ce soit au niveau personnel ou au niveau familial. Voilà pourquoi nous venons chaque dimanche dans cette église pour être soutenus et portés par la prière de nos frères et soeurs.

Dans ce cas-là, il n’y a pas de jalousie, de question de savoir qui sera le premier au ciel.

Dans cette perspective, il n’y a qu’un seul désir : c’est que chacun puisse avoir la même chance que nous, connaître Jésus, goûter son amour et profiter de vivre en Église, c’est-à-dire avec des frères et de soeurs qui, comme nous, font de leur mieux pour suivre Jésus.

Oui, nous avons la chance d’être des ouvriers de la première heure et nous ne rouspétons pas parce qu’on a commencé avant les autres.

Au contraire, nous sommes heureux de connaître Jésus depuis longtemps et nous espérons avoir pu partager cette joie avec tous ceux que nous avons rencontrés.

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