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Répertoire
Philippe Henne
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26ème Dimanche ordinaire

Les publicains et les prostituées

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© Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

Jésus paraît vouloir persister dans son oeuvre de dénigrement. Dimanche dernier, il fustigeait les ouvriers de la première heure qui se plaignaient de voir les derniers arrivés gagner autant qu’eux. Aujourd’hui, il affirme haut et clair que les publicains et les prostituées précéderont les grands prêtres et les anciens du peuple. Voilà qui n’encourage guère les jeunes gens et les jeunes filles à être chastes et honnêtes.

Il est bien entendu que Jésus veut ici désarçonner les grands prêtres qui, du haut de leur prétendue vertu, jugent et dénigrent tous ceux qui les entourent. Mais il est un danger plus grand encore qui nous menace : c’est celui de la lassitude, de l’ennui, de la monotonie. Beaucoup de couples se séparent aujourd’hui parce que les conjoints ne ressentent plus rien l’un pour l’autre. Et c’est triste, parce que cela nous menace tous.

Pourquoi les publicains et les prostituées seront-ils les premiers à entrer dans le royaume de Dieu ?

Parce que, après leur conversion, ils auront gardé leur enthousiasme pour Jésus.

Ils avaient découvert, un peu tard, comme c’était beau d’être aimés par Dieu. Ils avaient, par la suite, gardé cet élan juvénile pour la foi chrétienne.

C’est pour cela qu’il faut considérer avec admiration et méditer de tout son coeur ces belles personnalités qui nous ont précédées et qui ont parfois connu le découragement durant leur longue vie de service.


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Ars-sur-Forman © Lawrence Lew, OP

Le plus célèbre d’entre ceux, c’est bien entendu Jean-Marie Vianney, le curé d’Ars, qui, par trois fois, quitta son petit village, mais qui, par trois fois, y retourna. Il y a encore plus près de nous le frère Mutien-Marie. C’était un frère des Écoles Chrétiennes. Il n’était pas très doué pour l’enseignement. Il fut alors confiné dans des tâches subalternes, comme la surveillance des cours de récréation. Il assumait tout cela avec sérénité parce qu’il se renouvelait tous les jours dans la prière. Les élèves l’appelaient « le frère qui prie tout le temps ». Cette intimité avec Jésus et avec Marie transformait ses journées en une rencontre perpétuelle avec le Seigneur et la Vierge qui l’aimaient.

C’est le grand défi qui nous est lancé, à nous aussi, de rallumer sans cesse cette petite étincelle d’amour qui est au plus profond de notre coeur. Certes, nous ne sommes plus comme Roméo et Juliette sans cesse bouleversés par un amour passionnel, mais nous pouvons et nous devons entretenir cette flamme d’amour, en disant merci, merci à notre conjoint d’être là et de donner un sens à notre vie, merci à Dieu de nous avoir donné la vie et de nous avoir donné Sa vie.

C’est à ce moment-là que nous serons peut-être comme ce fils de la parabole qui dit tout d’abord « non » et qui finalement va rendre service à son père. Notre première réaction est toujours de nous protéger, de rechercher ce qui pourrait nous faire plaisir. Mais la seconde réaction pourrait être celle de s’ouvrir à notre conjoint, de nous laisser pousser par l’amour de Jésus-Christ en nous et de nous intéresser à cette personne qui partage notre vie.

La plus belle chose ne serait-elle pas de pouvoir dire : « J’ai été aimé par Jésus-Christ et c’est ainsi que j’ai pu aimer les autres » ?

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Saint Mutien-Marie, église de Aarsele, BE | Paul Hermans, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons