Paris, août 1887. Sur l’échafaud, Henri Pranzini s’apprête à mourir pour triple meurtre. En prison, il a obstinément refusé de voir un prêtre, refusé la confession, refusé jusqu’à la croix qu’on lui tendait. Tout le monde le croyait perdu.
À des centaines de kilomètres de là, dans le silence de Lisieux, une jeune fille de quatorze ans, Thérèse, apprend la nouvelle. Elle ne le connaît pas. Pourtant, elle ne reste pas les bras croisés : en silence, elle fait offrir une messe et prie, ne demandant qu’une seule chose — que cette âme échappe aux ténèbres.
Et voici que sur l’échafaud, la lame déjà contre son cou, Pranzini se retourne soudainement, saisit la croix des mains du prêtre, et l’embrasse trois fois. Thérèse l’appellera plus tard son « premier enfant », le premier né de sa prière.
Si je raconte cette histoire, c’est qu’elle est l’image vivante du premier fils de l’Évangile : celui qui dit « non » toute sa vie, jusqu’au dernier instant, et qui, en un éclair, se retourne.
Mais une question demeure : pourquoi fallait-il attendre la dernière seconde ? Et qui se tenait là depuis toujours, pour que la porte reste encore entrouverte pour lui ?
Jésus nous dit : « Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.” Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Puis, s’étant repenti, il y alla. Le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas. » Lequel des deux, demande Jésus, a fait la volonté du père ? La réponse s’impose d’elle-même : le premier.
Permettez-moi de m’arrêter ici, et de poser une question :