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Répertoire
Philippe Henne
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28ème Dimanche ordinaire

« Allez à la croisée des chemins »

Matthieu 22, 1 - 10

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Sur la route vers Jericho | عماد الدين المقدسيCC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Incommensurable et sans limites, telle est la bonté du Seigneur pour ceux qui le prient :

telle est la révélation que nous apporte l’évangile d’aujourd’hui. Le Seigneur ne se décourage pas devant l’indifférence ou la méchanceté des hommes. Il renouvelle sans cesse sa tendresse et l’ouvre de plus en plus largement à tous les hommes.

Le Seigneur ne raisonne pas et n’agit pas comme les hommes. Nous, quand nous sommes blessés par l’indifférence ou la méchanceté de notre conjoint ou de nos enfants, nous avons tendance à nous renfermer sur nous-mêmes ou même à prendre nos distances par rapport à nos proches. Et petit à petit nous risquons de prendre l’habitude de nous éloigner de notre conjoint, de nos enfants, de nos parents.

C’est ce que le prêtre et le lévite ont fait quand, sur la route de Jérusalem à Jéricho, ils ont vu un homme couché au bord de la route. C’était un voyageur qui avait été attaqué par des brigands et avait été laissé presque mort sur le chemin. Ces deux hommes de Dieu, le prêtre et le lévite, étaient pressés. Ils devaient être à l’heure pour la prière. Ils se disaient : « Il y aura bien quelqu’un qui s’occupera de lui. Vite ! Rentrons à Jérusalem pour aller au Temple. »

Il y a parfois des réactions plus violentes encore. C’est le frère aîné du fils prodigue. Quand il rentre à la maison, il entend les bruits de la fête, mais il ne veut pas prendre part au festin que son père avait préparé pour le retour de ce fils dévergondé. Le fils aîné préférait rester dans la jalousie et la rancune plutôt que de recommencer à vivre avec son frère qui avait fauté.

C’est parfois la même chose pour nous. C’est parfois plus facile de rester en froid avec son frère, sa soeur ou son conjoint que de recommencer à construire avec lui une nouvelle relation d’amour et de partage. Et c’est ainsi qu’on ne se parle plus entre voisins, entre frères et soeurs, entre collègues.

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Rivière Leine, Hannovre © Lawrence Lew, OP

Le Seigneur, lui, a toujours essayé de recommencer avec les hommes, même les plus coupables, comme Caïn.

Quand le Seigneur vit qu’il avait tué son frère, il le chassa de la terre fertile et l’obligea à errer partout dans le monde, comme tant de réfugiés maintenant. Mais le Seigneur lui mit une marque, un signe « afin que le premier venu ne le frappe pas » (Genèse 4, 15). Même quand le Seigneur punit, il ne veut pas la destruction du coupable. Il le protège encore et toujours.

Il en fut de même dans le désert quand le peuple hébreu se fabriqua un veau d’or (Exode 32). Le Seigneur, excédé par un si grand péché, voulut tout d’abord détruire ce peuple à la nuque raide et toujours en révolte. Mais Moïse intervint et le Seigneur renonça à ce projet néfaste.

C’est peut-être là une voie de réconciliation pour chacun d’entre nous quand nous sommes en colère avec notre frère ou notre conjoint : c’est de prier pour lui.

Il n’est pas toujours possible de parler avec lui, mais il est toujours possible de prier pour lui, c’est-à-dire de placer son destin entre les mains de Dieu et de se rappeler que lui aussi est un enfant de Dieu, aimé par Lui et sauvé par Lui.

Alors le ciel sera rempli d’hommes et de femmes de toute origine et de toute condition, unis par la joie et le bonheur de connaître Dieu, notre rédempteur.

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