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Répertoire
Chuyen Pham
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28ème Dimanche ordinaire

Le banquet de la grâce et le vêtement de la charité

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Collégiale Saint-Jean de Liège © Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

Dans les tensions qui traversent notre ville de Liège ces jours-ci, nous ressentons tous une profonde fatigue. Quand chacun exige ses droits sans mesurer l’impact sur les autres, la vie commune devient pesante. Une société réduite aux seuls rapports de force devient une véritable prison s’il manque l’essentiel : la charité.

Quand la fraternité s’efface, nous devenons les prisonniers de nos propres exigences.

Pour sortir de cet engrenage, nous avons d’abord besoin d’une écoute mutuelle. La souffrance et la voix de chacun méritent le respect. Toutefois, l’écoute appelle aussi la responsabilité : que chacun accomplisse sa mission avec fidélité et conscience. La charité et la justice ne sont pas de vains mots ; elles s’incarnent quand chacun — dirigeant, travailleur, enseignant ou citoyen — prend sa juste part dans le bien commun.

C’est précisément au cœur de cette fatigue que la Parole de Dieu vient nous éclairer. Isaïe nous annonce une promesse magnifique : sur sa montagne, le Seigneur prépare un festin pour tous les peuples et essuie les larmes de tous les visages. Dieu ne supprime pas nos épreuves, il nous offre un havre de paix et d’espérance.

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© Dominicains de Liège et des Pays-Bas

Dans l’Évangile, cette grâce prend la forme d’un banquet de noces. Tout est prêt, tout est gratuit. Pourtant, les premiers invités se dérobent : l’un va à son champ, l’autre à ses affaires. Ils sont trop absorbés par leurs certitudes et leurs préoccupations. Et nous-mêmes, au milieu des urgences du quotidien, ne sommes-nous pas tentés de fermer notre cœur en disant : « Je n’ai pas le temps» ?

Face à ce refus, le Roi élargit son cœur et rassemble « tous ceux qu’on trouva, les mauvais comme les bons ».

L’Église n’est pas un club de citoyens parfaits ; elle est la maison du Père où chaque habitant de Liège, avec ses blessures et ses doutes, est attendu et accueilli.

L’Évangile nous adresse cependant une mise en garde avec cet homme sans vêtement de noce. Saint Augustin posait cette question : « Qu’est-ce que ce vêtement de noce ? Ce n’est pas seulement le baptême, car cet homme est déjà entré. Ce n’est pas seulement la foi, car il est assis au banquet. Ce vêtement, c’est la Charité ! »

Cet homme représente celui qui veut profiter de la grâce sans changer son cœur. Or, nous le savons bien : les paroles s’envolent, les actes restent. Dans une société où il est facile de parler d’amour sans s’engager, faisons en sorte de prouver par nos actes ce qu’est véritablement la charité.

C’est pourquoi nous sommes appelés à prier avec ferveur pour les dirigeants de notre pays et les autorités de notre ville, afin qu’ils soient guidés par la sagesse et l’esprit d’écoute. Prions aussi pour nous-mêmes : que nous ayons l’humilité d’écouter nos frères, nos sœurs et le courage de servir dans la vérité.

Saint Paul nous le rappelle : « Je peux tout en celui qui me donne la force.» La paix du Christ n’est pas une illusion ; elle est une force pour agir.

Chers frères et sœurs, sur cette table eucharistique, le Seigneur nous rassemble. Déposons toute amertume, revêtons le vêtement de la Charité, et devenons, chacun à notre place au cœur de Liège, des bâtisseurs paisibles de justice et de paix. Amen.

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Vierge de Miséricorde, bas-relief en pierre, vers 1445-1450. Victoria and Albert Museum, Londres (UK) © Lawrence Lew, OP