Article header background
Répertoire
Chuyen Pham
image

29ème Dimanche ordinaire

L’effigie et l’inscription : À qui appartenons-nous ?

image

Monnaies romaines, British Museum @ Lawrence Lew, OP

Les pharisiens pensaient tendre un piège parfait à Jésus... mais Jésus, lui, leur demande simplement une pièce ! Et en observant ce denier de l’impôt, il pose une question d’une précision remarquable : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? »

Il y a là deux choses : un visage gravé sur le métal, et un titre inscrit autour. La pièce porte l’image de César et proclame sa grandeur. Et Jésus répond : « Rendez à César ce qui est à César... » Laissez au monde le métal, les titres et les prétentions qui lui appartiennent.

Cependant, la question du Christ traverse les siècles et s’adresse aujourd’hui à chacun de nous :

« Et toi, quelle effigie et quelle inscription portes-tu dans ton cœur ? »

Saint Augustin résumait ce mystère avec une clarté lumineuse : « César cherche son image sur la pièce de monnaie ; Dieu, lui, cherche son image dans ton âme ! »

César a gravé son effigie sur des pièces de monnaie, tandis que Dieu a gravé la sienne au plus profond de notre être. Sur notre cœur, l’effigie, c’est le visage même du Christ imprimé au jour de notre baptême. Et l’inscription, c’est cette promesse de la première lecture : « Je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi. »

Or, soyons lucides : quand une société cherche à se passer de Dieu, elle finit par se retourner contre elle-même.

Quand on évince le Créateur, les hommes ne tardent pas à se fermer les uns aux autres, et la nuit devient bien plus longue que le jour.

image

Missvain, CC0, via Wikimedia Commons

C’est pourquoi saint Jean-Paul II nous rappelait avec force que le chrétien ne peut pas mener une double vie. « Rendre à Dieu ce qui est à Dieu », ce n’est pas nous réfugier dans nos églises en nous désintéressant de la cité. Au contraire ! C’est précisément parce que nous portons l’image de Dieu que nous avons la responsabilité d’injecter la vérité de l’Évangile dans nos engagements sociaux, professionnels et familiaux de chaque jour.

La foi n’est pas une fuite, elle est le levain dans la pâte du monde.

Face aux inquiétudes du temps présent, plutôt que de maudire les ténèbres, soyons cette présence qui éclaire. Dans une pièce obscure, une seule petite flamme suffit à dissiper la nuit.

Chacun de nous, par sa foi active et sa charité, peut être cette étincelle d’espérance au cœur de la société.

Dès lors, comme nous y invite saint Paul, ne laissons pas les bruits du monde effacer notre vraie valeur. Chantons au Seigneur un chant nouveau — ou bien, chantons le chant ancien avec une joie nouvelle, une ferveur nouvelle. Et si nous chantons faux, ou si nous n’avons pas le cœur à chanter, racontons simplement autour de nous les merveilles que Dieu a faites pour chacun de nous. C’est ainsi que nous devenons ces témoins et ces missionnaires auxquels l’Église nous appelle.

Rendons à Dieu ce qui est à Dieu, et vivons d’une foi active, d’une charité attentive et d’une espérance inébranlable. Amen.

image

Dominicains de Belgique et des Pays-Bas, 12/09/2026 © Marc Lamote