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Répertoire
Philippe Henne
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2ème Dimanche de Carême

« Celui-ci est mon fils bien-aimé; écoutez-le »

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Mosaïque du 9ème siècle, Basilique Saints Nérée et Achille, Rome (IT) © Lawrence Lew OP

Quel changement ! Quel bouleversement !

La semaine dernière, nous voyions Jésus aux prises avec le diable. C’était le dimanche des tentations. C’était Jésus confronté aux misères humaines, à toutes les faiblesses de notre corps et de notre esprit : l’argent, la puissance, les plaisirs charnels.

Aujourd’hui, c’est tout le contraire : Jésus transformé dans la gloire de Dieu.

Il était monté là-haut, sur une haute montagne, comme Moïse était monté sur le Sinaï pour rencontrer Dieu. Mais, si Jésus avait emmené Pierre, Jacques et Jean sur cette montagne, c’était pour montrer qui il était et surtout pour montrer qu’il n’était pas tout seul. Il était porté, soutenu par la présence et l’amour de son Père. Écoutez ce qu’il dit, son Père. C’est important. Il ne faut pas négliger ces toutes petites paroles : « Celui-ci est mon fils bien-aimé; écoutez-le ». On entend toute l’inquiétude d’un père pour son fils ou même pour sa fille. Il a peur qu’on ne lui massacre son enfant. Comme un père est inquiet de voir son fils ou sa fille quitter la maison pour s’installer seul dans une chambre d’étudiant, ainsi le Père s’adresse aux meilleurs des disciples de Jésus pour leur dire : « Écoutez-le ! Faites attention à lui ! Non seulement écoutez-le, mais aussi protégez-le ! »

Oui, protégeons Jésus dans cette enfant ...

... qui est partie toute seule dans une grande ville universitaire. Protégeons Jésus dans ces enfants qui sont dépassés par la violence qui existe entre leurs parents. Protégeons Jésus qui parle à travers notre conjoint parce qu’il se sent oublié, négligé, sans intérêt.

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© Pixabay

Il y a tellement de personnes autour de nous qui pourraient rayonner de la lumière intérieure qu’elles ont, mais qui sont comme plongées dans les ténèbres de l’indifférence ou du mépris.

Comment voulez-vous qu’un trésor puisse briller si personne n’ouvre la porte et ne permet à la lumière de la sympathie de pénétrer dans ce coeur abandonné ?

Jésus avait peur d’être pris pour un guérisseur, un homme aux pouvoirs exceptionnels qui pouvait faire des merveilles. Mais il était beaucoup plus que tout cela : il était surtout et avant le Fils de Dieu.

C’était surtout pour cela qu’il était venu sur terre : pour dire comme c’est merveilleux de connaître Dieu le Père et de se laisser embraser par son amour. Alors oui, vraiment ! une lumière intérieure peut remplir notre coeur et nous transfigurer, nous rendre lumineux et joyeux, et non pas graves et tristes, encombrés par le poids du passé et étouffés par l’indifférence environnante.

C’est à ce moment-là que Dieu alors pourra dire au sujet de chacun d’entre nous : « Celui-ci est mon fils bien-aimé; écoutez-le ».

Oui, parce que Dieu est fier de nous, comme il est fier de son fils, parce qu’il sait qui nous sommes et quel trésor est caché dans notre coeur.

C’est à nous de faire comme le Christ : c’est d’oser le montrer au monde par notre dévouement et d’aller chercher cet amour, là où il est : dans la prière, l’eucharistie et la communauté fraternelle.

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© Pixabay