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Répertoire
Philippe Henne
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2ème Dimanche de Pâques

Dimanche de la Miséricorde
C’est le pape Jean-Paul II qui a institué cette fête suite aux apparitions dont avait bénéficié Faustine Kowalska. Mais la question se pose de savoir ce qu’est la miséricorde.

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Détail de la mosaïque de l'abside de la chapelle du couvent de la Miséricorde à Albany (New-York, USA) © Lawrence Lew, OP

La miséricorde, c’est une réalisation pratique de l’amour.

C’est pour cela que faire miséricorde, c’est pardonner. Alors on comprend mieux pourquoi l’évangile d’aujourd’hui est bien adapté à cette méditation. Quand on lit l’évangile d’aujourd’hui, notre attention est toute tournée vers saint Thomas et de son incrédulité, mais on oublie qu’à la fin de sa première apparition, Jésus ressuscité souffle son Esprit sur les apôtres présents et leur donne le pouvoir de pardonner les péchés. Alors, quand Jésus revient, il met en application ce qu’il a recommandé : il pardonne. Il ne fait pas de reproches à Thomas, il ne se fâche pas, il se met à son niveau : il l’invite à faire ce qu’il voulait faire pour avoir la preuve que Jésus était bien ressuscité, mettre son doigt dans la trace des clous et dans la plaie de son côté. Jésus n’est pas ressuscité pour juger et condamner, mais pour se réconcilier ses enfants dispersés. C’est pour cela que le plus bel exemple de la miséricorde divine, c’est la parabole du fils prodigue. Le père est tellement heureux de revoir son fils égaré qu’il lui saute au cou et qu’il organise une grande fête.


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Tableau de laNational Gallery, Washington DC (USA) © Lawrence Lew, OP

Certains d’entre nous connaissent bien cette situation douloureuse : depuis des semaines, depuis des mois, nous n’avons plus de contact avec un frère ou une soeur. Et ce silence pèse sur notre âme. C’est comme une blessure qui ne s’apaise jamais. Et nous le voyons, quand le père accueille le fils prodigue, il ne lui fait pas de reproches, il ne lui garde pas de rancune, il est tout à la joie d’être enfin avec son fils qui était parti.

Cette histoire, c’est celle de tout le peuple d’Israël. Depuis Abraham, le peuple élu s’est sans cesse détourné de son Dieu, avec le veau d’or, avec le culte de Baal, avec ses mauvais rois. Mais le Seigneur a toujours essayé de retrouver son peuple. Il leur a envoyé les prophètes, et il nous a envoyé son propre Fils. Jésus n’est pas passé sur terre pour parler de l’amour.

Il a voulu partager notre existence dans ce qu’elle a de plus beau et de plus laid, la souffrance, la trahison et la mort. Tout cela, simplement, pour avoir la joie de nous avoir auprès de lui.

C’est pour cela que Thomas s’écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Ce n’était pas seulement parce qu’il touchait le Christ ressuscité, mais c’était aussi parce que, en touchant ses plaies, il se rendait compte de tout l’amour que le Fils de Dieu a pour nous.

C’est pour cela que la Vierge Marie a chanté le Magnificat quand elle a appris qu’elle allait être la mère de Jésus. Dans l’ancienne traduction, elle disait : « Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent ». Maintenant la liturgie nous invite à dire : « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge », parce que la miséricorde, c’est plus concret, plus actif. C’est la réalisation pratique de l’amour.

Alors, nous aussi, soyons étonnés et admiratifs devant toutes les merveilles que Dieu a faites et fait pour nous, et soyons aussi des foyers de miséricorde et de pardon pour tous ceux qui nous entourent.

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Bas-relief de la cathédrale de Baltimore (USA) © Lawrence Lew, OP