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Répertoire
Chuyen Pham
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2ème Dimanche de Pâques

Toucher la miséricorde – ouvrir les portes du cœur

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Frontière israélienne à Mas-ha, Justin McIntosh, via Wikimedia Commons

La liturgie de la Parole de ce deuxième dimanche de Pâques nous plonge dans un décor d’une modernité saisissante qui résonne avec les profondeurs de nos existences.

L’évangéliste Jean souligne à deux reprises un détail qui n’est pas une simple précision matérielle : « Les portes étaient verrouillées. » Ces verrous, tirés par la peur des disciples, reflètent notre monde actuel, marqué par l’instabilité et le repli sur soi.

Nous vivons une époque où la peur semble être devenue une compagne de route inévitable. Si nous portons notre regard sur le monde, nous voyons des portes se fermer de toutes parts. Il y a d’abord le verrouillage des frontières et des esprits dans un monde déchiré par les conflits, les guerres et les divisions. Par crainte de la différence ou par souci de sécurité, les nations érigent des murs, tandis que nous élevons des barrières dans nos cœurs pour exclure l’autre de notre quotidien.

Vient ensuite la peur de l’avenir. Entre les crises économiques et les menaces nucléaires, l’homme moderne vit dans une anxiété latente. Nous cherchons alors refuge dans des « zones de confort » illusoires, comme les réseaux sociaux ou l’hyper consommation, et nous restons cloîtrés dans un univers virtuel, tandis que l’inquiétude persiste. Enfin, il y a la chambre close de la solitude. Paradoxalement, à l’heure où les communications n’ont jamais été aussi aisées, l’isolement et la dépression n’ont jamais été aussi profonds. Beaucoup vivent dans le huis clos d’une existence qui semble avoir perdu tout sens.

C’est précisément là, au cœur de cette impasse et de cet effroi, que le Christ ressuscité apparaît. Il franchit les portes verrouillées.

Le message est d’une puissance absolue : la miséricorde de Dieu est sans limites et aucun obstacle ne peut lui résister. Aujourd’hui, le Ressuscité n’attend pas sur le seuil que nous ayons enfin la force d’ouvrir. Il sait que la peur nous paralyse et c’est lui qui prend l’initiative de traverser nos murailles intérieures.

Son salut, « La paix soit avec vous », n’est pas une simple formule de politesse, mais un acte de re-création qui transforme l’angoisse en espérance.

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Haut-relief de la chapelle de la maison de retraite Bethany des Sœurs Dominicaines de Nashville (Tennessee, USA) © Lawrence Lew, OP

Le texte nous rapporte que huit jours plus tard, alors que les portes sont toujours closes, Jésus se présente à nouveau. Ce détail révèle la patience infinie de la Miséricorde. Dieu sait que notre foi a besoin de temps et que nos peurs ne disparaissent pas en un jour. Il revient inlassablement rejoindre Thomas, perdu dans ses doutes. En l’invitant à toucher ses plaies, le Christ nous montre que c’est au cœur de nos propres blessures, une fois guéries par sa présence, que se trouve la réponse à notre quête de sens.

L’expérience des disciples nous invite aujourd’hui à examiner nos propres verrous.

La fête de la Miséricorde divine nous rappelle que le Seigneur est plus fort que toutes nos défenses. Il ne nous condamne pas pour nos fermetures, mais utilise ses propres plaies glorieuses pour nous ouvrir un passage vers l’extérieur.

Une fois touchée par cet amour, une communauté ne peut rester enfermée. Comme le montre le livre des Actes des Apôtres, les premiers chrétiens, transformés par la résurrection du Christ, ont ouvert grand leurs portes et leurs cœurs. Ils ont appris à tout mettre en commun, transformant leur peur en audace et leur isolement en une communion fraternelle rayonnante.

Le Christ se tient au milieu de nous, au cœur des instabilités du monde et des tourments de nos âmes. Ne craignons rien !

Laissons-le toucher nos blessures et nous murmurer à l’oreille : « La paix soit avec toi. »

Que le souffle de l’Esprit Saint vienne balayer les ténèbres de nos cœurs afin que nous devenions des témoins joyeux et des artisans de paix, apportant la miséricorde à un monde qui a tant besoin de consolation et de guérison. Amen.

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© Pixabay