La liturgie de la Parole de ce deuxième dimanche de Pâques nous plonge dans un décor d’une modernité saisissante qui résonne avec les profondeurs de nos existences.
L’évangéliste Jean souligne à deux reprises un détail qui n’est pas une simple précision matérielle : « Les portes étaient verrouillées. » Ces verrous, tirés par la peur des disciples, reflètent notre monde actuel, marqué par l’instabilité et le repli sur soi.
Nous vivons une époque où la peur semble être devenue une compagne de route inévitable. Si nous portons notre regard sur le monde, nous voyons des portes se fermer de toutes parts. Il y a d’abord le verrouillage des frontières et des esprits dans un monde déchiré par les conflits, les guerres et les divisions. Par crainte de la différence ou par souci de sécurité, les nations érigent des murs, tandis que nous élevons des barrières dans nos cœurs pour exclure l’autre de notre quotidien.
Vient ensuite la peur de l’avenir. Entre les crises économiques et les menaces nucléaires, l’homme moderne vit dans une anxiété latente. Nous cherchons alors refuge dans des « zones de confort » illusoires, comme les réseaux sociaux ou l’hyper consommation, et nous restons cloîtrés dans un univers virtuel, tandis que l’inquiétude persiste. Enfin, il y a la chambre close de la solitude. Paradoxalement, à l’heure où les communications n’ont jamais été aussi aisées, l’isolement et la dépression n’ont jamais été aussi profonds. Beaucoup vivent dans le huis clos d’une existence qui semble avoir perdu tout sens.
C’est précisément là, au cœur de cette impasse et de cet effroi, que le Christ ressuscité apparaît. Il franchit les portes verrouillées.
Le message est d’une puissance absolue : la miséricorde de Dieu est sans limites et aucun obstacle ne peut lui résister. Aujourd’hui, le Ressuscité n’attend pas sur le seuil que nous ayons enfin la force d’ouvrir. Il sait que la peur nous paralyse et c’est lui qui prend l’initiative de traverser nos murailles intérieures.