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Répertoire
Philippe Henne
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2ème Dimanche ordinaire

« Moi, je ne le connaissais pas »

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Détail d'une chasuble brodée par les Dominicaines de Stone (Staffordshire, UK) © Lawrence Lew, OP

Ça, c’est curieux ! Dimanche dernier, c’était la célébration du baptême du Christ et aujourd’hui voilà que de nouveau nous avons le même récit de Jésus au bord du Jourdain. Mais il y a une petite différence : l’évangile d’aujourd’hui est celui de saint Jean, et Jean ne nous montre pas Jésus descendre dans le Jourdain et en sortir. Non, l’évangile remplace cela par une déclaration de Jean-Baptiste.

Ce qui est plus étonnant encore, c’est qu’il affirme qu’il ne le connaissait pas, il ne savait qui était Jésus quand celui-ci était venu vers lui, au bord du Jourdain. Mais ce n’est pas vrai ! Jean connaissait bien Jésus et depuis longtemps. Lorsque Marie était allée chez Élisabeth, Jean-Baptiste a sursauté dans le ventre de sa mère parce qu’il avait reconnu Jésus qui, lui aussi, était dans le ventre de Marie. C’est bien la preuve que Jean connaissait Jésus et qu’il savait qui il était. La preuve, c’est qu’Élisabeth s’était écriée : « Comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? » Donc il et elle savaient que Jésus, dans le ventre de Marie, était bien le Seigneur.

Et, lorsque Jésus s’approcha de Jean au bord du Jourdain, celui-ci s’est écrié : « Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. »

Alors comment Jean a-t-il pu dire qu’il ne connaissait pas Jésus ?

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Fra Angelico, fresque au couvent dominicain de San Marco à Florence (IT) © Lawrence Lew, OP

C’était parce qu’il croyait le connaître.

Il pensait, comme tout le monde, qu’un sauveur viendrait en Palestine pour rendre la liberté au royaume d’Israël. Il attendait un Messie politique, et c’est le Fils de Dieu qui lui est apparu.

Comment a-t-il pu faire la différence ?

Parce qu’il a vu l’Esprit descendre sur Jésus et y demeurer. Cette image de l’Esprit qui descend fait référence au songe de Jacob : celui-ci avait vu les anges monter et descendre d’une échelle qui allait jusqu’au ciel. Il avait alors compris que cet endroit était divin. Il l’appela Bethel, c’est-à-dire maison de Dieu. Mais, ici, c’était sur un homme que l’Esprit était descendu. Jean avait alors compris que Jésus n’était pas simplement un homme, mais qu’il était vraiment Dieu. C’est pourquoi il le présenta comme celui qui enlève le péché du monde, car seul Dieu peut enlever le péché, c’est-à-dire pardonner.

Et nous, nous croyons souvent bien connaître les gens et pourtant ils nous échappent et nous surprennent.

Ne dit-on pas que le mariage est une boite à surprises ? Chaque être humain est un mystère. Nous avons déjà tant de mal à nous comprendre nous-mêmes. Qu’en est-il alors de notre conjoint, de notre frère, de notre voisin, et plus encore de Dieu lui-même.

Alors plaçons le début de cette nouvelle année liturgique sous le signe de la surprise et de l’étonnement !

Tâchons de découvrir dans notre vie de tous les jours les mille et un signes de la présence de Dieu, car, par le baptême, l’Esprit du Seigneur repose sur nous et nous donne l’intelligence de voir les merveilles que Dieu accomplit en nous et dans chacun de nos frères et soeurs.

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© Lawrence Lew, OP