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Répertoire
Philippe Henne
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3ème Dimanche ordinaire

Jésus quitta Nazareth pour Capharnaüm

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Grand bazar, Dmgultekin, CC BY-SA 3.0,via Wikimedia Commons

Une situation difficile ou dangereuse peut devenir une opportunité pour réaliser de grandes choses.

Jean-Baptiste vient d’être arrêté. Jésus pourrait lui aussi subir le même sort. Pour éviter d’être jeté en prison par le roi Hérode, Jésus quitte Nazareth. C’était un petit village. Les soldats auraient pu facilement le trouver. Il part pour Capharnaüm. C’était une ville. Il y avait plus beaucoup de monde. C’était plus difficile de le repérer. Mais c’était un port au bord de la mer de Galilée. Il y avait beaucoup d’étrangers. Les juifs se plaignaient de ne plus être chez eux. En Palestine, les gens se moquaient de Capharnaüm. Pour eux, c’était la « Galilée des nations », c’est-à-dire une terre où tout le monde se sentait étranger. C’est pour cela que le prophète a dit que c’était un peuple qui marchait dans les ténèbres. Pour les uns, les ténèbres, c’était la souffrance de la séparation, de l’exil. Pour les autres, c’était la difficulté de s’adapter à des gens différents, à des habitudes inhabituelles. Et c’est parfois l’étonnement, comme quand nous découvrons qu’il y a des gens qui n’aiment pas les frites et préfèrent le riz !

Et voilà qu’un grande lumière se lève sur Capharnaüm et ses ténèbres : c’est Jésus qui parle à tout le monde et qui rassemble tout le monde. Il y a quelque chose de plus important que la nostalgie de son pays et de son origine. Il y a le plaisir d’appartenir à un nouveau peuple, à une nouvelle nation, celle du royaume de Dieu, parce que, dans ce royaume, il n’y a plus de querelles de langues, de tribus, de nations. Il n’y a plus qu’un seul peuple qui prie le même Dieu. C’est pour cela que nous avons tous laissé à la porte de l’église nos vieilles querelles parce que nous sommes ici pour apprend à devenir des frères et des soeurs.

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© Pixabay

La vie qu’on vit aujourd’hui est parfois un Capharnaüm.

Il y a beaucoup de bruit et d’agitations. Il y a même parfois beaucoup de désordre dans notre vie et c’est autour de Jésus qu’on retrouve la paix et l’apaisement. On trouve surtout chez lui une manière plus profonde de prier.

C’est quand on a tout perdu qu’on retrouve Jésus.

C’est ce que Jésus lui-même a vécu. Il a dû quitter Nazareth, son petit village où tout était bien organisé pour aller à Capharnaüm où tout était tout le temps bouleversé. Mais c’est bien pour cela qu’il est venu sur terre. C’est pour cela qu’il a quitté le ciel et tous ses anges.

C’était pour aller dans le Capharnaüm de notre vie et y apporter la lumière de son amour.

C’est cela que les premiers apôtres ont découvert avec stupeur. Pierre et André étaient au bord du lac. Ils faisaient ce que leur père et leur grand-père avaient toujours fait : pêcher du poisson dans la mer de Galilée. Mais ils ont croisé Jésus qui leur a donné envie de vivre quelque chose de plus grand et de plus beau : rencontrer les hommes et leur annoncer cette Bonne Nouvelle, nous sommes tous frères et soeurs, enfants d’un même Père.

Et ce serait peut-être l’effort qu’on pourrait faire cette année. Au début de l’année, on prend souvent de bonnes résolutions : j’arrête de fumer, je vais mieux travailler, je vais mettre de l’ordre dans ma chambre. Nous, les chrétiens, on pourrait prendre cette bonne résolution : quand on rencontre quelqu’un qui nous énerve ou qui ne nous est pas sympathique, on pourrait se dire : « Lui aussi, c’est un enfant de Dieu. » Alors la Galilée des nations, le Capharnaüm des peuples pourra devenir le Royaume de Dieu.

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Mer de Galilée © Mksg1, CC BY-SA 4.0 , via Wikimedia Commons