Quel curieux miracle : Jésus crache, mêle sa salive à de la terre et en fait de la boue.
C’est avec cela qu’il va guérir l’aveugle-né, ou plus exactement, c’est ainsi qu’il va corriger son handicap. Cela ne paraît pas très propre, et pourtant cela a une grande signification pour chacun d’entre nous.
Tout d’abord, ce geste manifeste que Jésus n’a pas peur de se salir les mains, ni même de toucher un handicapé. Cette attitude est à l’inverse de celle des pharisiens. Ceux-ci méprisaient et insultaient l’aveugle-né. Ils lui dirent, pleins d’arrogance et de vertu : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance et tu nous fais la leçon ! » Les pharisiens n’avaient aucune miséricorde pour cet adulte marqué depuis l’enfance par ce lourd handicap. Bien plus, ils le rendaient responsables de cette cécité. Lui, comment aurait-il pu commettre un péché assez grave pour l’entraîner dans cette vie de misère, plongé dans les ténèbres depuis la naissance jusqu’à la mort ? Mais non ! Les pharisiens condamnaient les pécheurs et cet aveugle devait être coupable d’une grande faute.
Jésus, au contraire, fait comme une maman avec son enfant qui pleure. Le petit garçon est tombé, il a mal à la main. Alors sa maman, pour le consoler, va lui donner un petit baiser sur la main meurtrie. Ce n’est pas vraiment un traitement prévu par la faculté de médecine, mais c’est une petite attention qui a son effet. L’enfant ne pleure plus. Il est consolé.
De la même façon, Jésus s’est arrêté devant l’aveugle. Il n’a rien dit. Il s’est mis au travail, comme les infirmiers qui arrivent sur le lieu d’un accident. Ils voient tout de suite ce qu’il faut faire et ils le font. Jésus n’a pas seulement vu un mendiant devant lui, ni un handicapé. Il a vu quelqu’un qui, depuis toujours, a été rejeté. Il a mis la main à la pâte et il l’a soigné, à sa façon, en lui appliquant de la boue, comme une maman pose un baiser sur la main de son petit garçon.