Nous nous sentons parfois perdus dans la vie.
Nous sommes parfois submergés par le même sentiment qu’un enfant égaré au milieu d’une grande foule, sans repères, sans amis, sans un proche à qui nous confier, vers qui nous tourner. C’est que sans doute nous sommes parfois comme ces brebis qui, le nez penché vers le sol, passent d’une touffe d’herbe à une autre et peu à peu s’éloignent du troupeau, dérivent au milieu des collines. Seuls et isolés, nous pouvons alors être la proie de bêtes sauvages toujours prêtes à nous détruire, à nous dévorer. Ces bêtes sauvages peuvent être les renégats qui nous entourent. Elles peuvent être aussi les vieux démons qui restent cachés dans notre coeur et peuvent surgir à tout instant, quand nous sommes faibles ou fatigués, découragés ou ébranlés par une mauvaise nouvelle.
Alors, comme cette brebis égarée, nous relevons la tête et nous découvrons que nous nous sommes éloignés de nos proches, de notre famille, de nos amis. Au sentiment de solitude s’ajoute alors la peur d’être menacés. C’est alors que parfois nous entendons la voix du Christ qui nous cherche. Il était parti à notre rencontre, mais inconsciemment, involontairement, nous nous étions éloignés de lui et de nos frères. Nous n’étions même plus capables d’entendre sa voix tellement nous étions occupés à brouter cette touffe d’herbe, c’est-à-dire que nous étions distraits par de petits événements de la vie quotidienne.