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Répertoire
Philippe Henne
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4ème Dimanche de Pâques

« Il les appelle chacune par son nom » : le Bon Pasteur

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© Lawrence Lew, OP

Nous nous sentons parfois perdus dans la vie.

Nous sommes parfois submergés par le même sentiment qu’un enfant égaré au milieu d’une grande foule, sans repères, sans amis, sans un proche à qui nous confier, vers qui nous tourner. C’est que sans doute nous sommes parfois comme ces brebis qui, le nez penché vers le sol, passent d’une touffe d’herbe à une autre et peu à peu s’éloignent du troupeau, dérivent au milieu des collines. Seuls et isolés, nous pouvons alors être la proie de bêtes sauvages toujours prêtes à nous détruire, à nous dévorer. Ces bêtes sauvages peuvent être les renégats qui nous entourent. Elles peuvent être aussi les vieux démons qui restent cachés dans notre coeur et peuvent surgir à tout instant, quand nous sommes faibles ou fatigués, découragés ou ébranlés par une mauvaise nouvelle.

Alors, comme cette brebis égarée, nous relevons la tête et nous découvrons que nous nous sommes éloignés de nos proches, de notre famille, de nos amis. Au sentiment de solitude s’ajoute alors la peur d’être menacés. C’est alors que parfois nous entendons la voix du Christ qui nous cherche. Il était parti à notre rencontre, mais inconsciemment, involontairement, nous nous étions éloignés de lui et de nos frères. Nous n’étions même plus capables d’entendre sa voix tellement nous étions occupés à brouter cette touffe d’herbe, c’est-à-dire que nous étions distraits par de petits événements de la vie quotidienne.

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Basile Morin, CC BY-SA 4.0 , via Wikimedia commons

Mais, pour Jésus, nous ne sommes jamais perdus.

Si nous l’oublions à certains moments, lui ne nous oublie pas. Notre nom est toujours gravé sur la paume de ses mains (Isaïe 49, 16). Il ne peut pas nous oublier, comme nous ne pouvons oublier ce qui est écrit sur notre main. Certains d’entre nous n’ont-ils pas déjà noté quelque chose sur la paume de leurs mains pour être sûrs de ne pas l’oublier ? On ne peut pas manquer de le voir, de le regarder, ce qui est écrit sur notre main. De même Dieu a-t-il tout le temps notre nom sous les yeux. Ce n’est pas comme si ce nom était inscrit dans un dossier enfermé dans une armoire perdue dans un bureau au fond du couloir.

Jésus est ce berger qui vient non seulement nous rechercher, mais qui nous accompagne aussi dans les moments difficiles de la vie. Il est là à côté de nous quand nous devons traverser une rivière aux flots tumultueux, c’est-à-dire quand nous devons subir une opération chirurgicale, ou affronter une situation difficile.

C’est pour cela que chaque dimanche il est important de répondre à l’appel de Jésus et de nous rassembler dans sa demeure avec tous nos frères et soeurs. Là nous pouvons goûter la douceur de sa Parole et de son Corps. Là, réunis dans la prière, nous sommes portés par la chaleur de nos frères. Nous pouvons alors renoncer aux égarements de nos petits soucis quotidiens pour retrouver la solidarité du peuple de Dieu.

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© Lawrence Lew, OP