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Répertoire
Chuyen Pham
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4ème Dimanche de Pâques

Le Bon Pasteur | La porte de la vie et de la paix

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Petar Milošević, Public domain, via Wikimedia Commons

Dans nos vies modernes, si souvent bousculées par tant de préoccupations, n’avez-vous jamais eu l’impression d’être assaillis par un trop-plein de sons ? Le tumulte de la ville, les soucis du quotidien ou encore les flots d’opinions contradictoires sur les réseaux sociaux. Au milieu de cette « jungle » de bruits, nous nous sentons parfois perdus et désemparés, ne sachant plus où se trouve la vérité ni quel chemin mène au vrai bonheur.

La Parole de Dieu nous propose aujourd’hui une image touchante et familière : celle du troupeau et de son berger. Ici, le secret pour ne pas s’égarer ne réside pas dans la sagesse intellectuelle, mais dans une communion du cœur. Jésus nous l’affirme : « Les brebis écoutent sa voix... et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. »

Reconnaître la voix du Seigneur, c’est faire preuve de cette finesse d’âme qui naît de l’intimité avec la grâce.

Cette familiarité ne s’improvise pas ; elle est le fruit d’un « demeurer avec ». Tout comme la brebis est conduite, soignée et protégée chaque jour par son berger, nous ne pouvons reconnaître la voix de Dieu que si nous prenons le temps de nous taire en sa présence, en lisant la Bible et en priant. Lorsque notre cœur est familier de la voix du Seigneur, nous discernons naturellement les « voix étrangères » de l’ambition, de la haine ou des tentations futiles, et nous nous en détournerons.

Il y a encore plus merveilleux. Jésus ne se contente pas de dire qu’il est le berger ; il affirme également : « Je suis la porte. »

Pourquoi cette image de la porte ?

Autrefois, au Proche-Orient, lorsque le berger emmenait ses troupeaux paître loin des villages, il les rassemblait pour la nuit dans des enclos de fortune ceints de pierres. Ces enclos n’avaient pas de porte en bois solide, mais une seule ouverture. Et savez-vous ce qui se passait à la tombée de la nuit ? Le berger se couchait en travers de cette ouverture. Son corps lui-même devenait alors la porte. Aucune brebis ne pouvait sortir sans marcher sur lui, et aucun loup féroce ne pouvait entrer sans fouler son corps en premier.

Cette image révèle l’amour immense et la protection sans faille de Dieu. Jésus, notre Bon Pasteur, ne dirige pas son troupeau de loin. Il est à nos côtés jour et nuit, dans la paix comme dans le péril, par beau temps comme par mauvais temps. Il ne détourne jamais les yeux de notre souffrance ni des dangers qui nous guettent. Il a donné sa propre vie, son propre corps, sur la croix, pour protéger nos âmes comme un rempart.

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Roger McLachlan | Dry stone enclosure via Wikimedia Commons

Le but de cette « Porte » n’est pas d’emprisonner, il est plutôt de sauver et de libérer.

Celui qui y entre est sauvé ; il peut aller et venir à sa guise et trouver un alpage verdoyant. Suivre le Christ, ce n’est pas accepter une vie de contraintes et de règles strictes, mais entrer dans la véritable liberté des enfants de Dieu : une vie en abondance, habitée par l’espérance, même au cœur des épreuves les plus difficiles.

Tout comme la foule, le jour de la Pentecôte, qui fut « touchée au cœur » en écoutant saint Pierre et décida de se convertir, le Seigneur nous appelle aujourd’hui. Ayons le courage de franchir cette « porte » de la conversion pour revenir vers Celui qui garde nos âmes.

En ce dimanche du Bon Pasteur, qui est également la Journée mondiale de prière pour les vocations, contemplons Jésus étendu à l’entrée de l’enclos. Bien qu’il soit le Pasteur unique, il souhaite partager sa mission avec nous. Il a besoin de nos pieds pour aller vers les égarés, de nos mains pour panser les blessures et de nos cœurs pour aimer à sa suite.

La vocation n’est pas une carrière, mais un « don de soi pour devenir porte ».

Celui qui se consacre devient un rempart pour le peuple de Dieu et un pont vers les sacrements. Cette mission est toutefois l’affaire de tous : les bons pasteurs naissent au sein de vos familles et sont nourris par votre prière persévérante.

Le Seigneur nous interroge : sommes-nous, dans notre milieu de vie, dans notre famille ou notre communauté, de « petits bergers » protecteurs ou des « mercenaires » indifférents ?

Prions pour que les jeunes osent suivre le Christ sur le chemin de la vie consacrée. Soutenons ceux qui servent l’Évangile, afin que tout le troupeau soit conduit à la source de la vie en abondance. Amen.

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© Lawrence Lew, OP