Trois jours, Jésus est resté trois jours sans rien faire. Sans raison. Il n’avait rien de spécial, ni d’important à faire. Et finalement il dit : « Bon ! Allons-y. » Arriva ce qui devait arriver : Lazare était mort de sa maladie grave. C’était prévu et annoncé, mais, non !, Jésus était resté sans rien faire. il s’occupait d’autre chose. De quoi ? L’évangile ne le dit pas. Cela veut dire que ce n’était pas très important. Quand Jésus est arrivé chez Jaïre et que sa fille était morte, alors qu’on l’avait appelé pour la sauver, il avait une bonne excuse : il avait été retenu en cours de route par une femme qui perdait beaucoup de sang depuis longtemps et qui avait touché son manteau. Mais ici, rien ! Il dit même que c’était la maladie de Lazare qui ne conduisait pas à la mort !
Combien de fois n’avons-nous pas eu l’impression que Jésus traînait pour nous sauver, pour nous aider, que ce soit lors d’une maladie grave ou d’une période difficile dans le couple ou dans la famille. Le coeur déchiré, les larmes dans les yeux, on avait prié, on avait tant espéré que les choses puissent changer. Mais rien !
Cela me fait penser à une histoire que Dostoïevsky, un auteur russe du dix-neuvième siècle, avait racontée. C’était l’histoire d’une jeune fille qui était tellement pauvre qu’elle devait se prostituer pour pouvoir vivre et manger. Mais elle avait gardé sur la table dans sa chambre la Bible. Le livre était toujours ouvert à la même page : celle de la résurrection de Lazare, et elle lisait et relisait toujours le même passage : « Il sent déjà; c’est le quatrième jour qu’il est là. »