Article header background
Répertoire
Chuyen Pham
image

5ème Dimanche de Carême

Sortez du tombeau | La puissance de l’Esprit de résurrection

image

LBM1948, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

La Parole de Dieu nous fait voyager aujourd’hui des vallées d’ossements desséchés du prophète Ézéchiel jusqu’au seuil du tombeau de Lazare à Béthanie.

Ces trois textes convergent vers une vérité fulgurante : Dieu n’a pas créé l’homme pour la poussière du tombeau, Il nous a engendrés pour la vie.

Mais comment des restes sans vie ou un corps déjà prisonnier de la mort peuvent-ils renaître ? La réponse jaillit de la puissance du Christ et du souffle transfigurateur de l’Esprit.

Tournons d’abord notre regard vers Israël en exil, ce peuple brisé qui gémissait : « nos os sont desséchés, notre espérance est détruite. » Ce cri traverse les âges ; il est celui de tant d’âmes contemporaines qui errent dans des déserts intérieurs : un amour qui s’éteint, une existence qui s’effondre, ou une foi devenue une coquille vide. Face à ce néant, Dieu prononce une promesse inouïe : « je vais ouvrir vos tombeaux... je mettrai en vous mon Esprit. »

La résurrection n’est donc pas une lointaine promesse d’outre-tombe, mais l’espérance ici et maintenant, au cœur même de nos impasses.

Saint Paul nous révèle le « moteur » de cette renaissance : l’Esprit Saint. Il affirme que si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus habite en nous, il donnera également la vie à nos corps mortels. Cet Esprit est le vent de la Pentecôte qui redresse les corps courbés et ébranle nos âmes pour nous arracher aux sépulcres que nous bâtissons avec nos déceptions.

Au cœur de l’Évangile, nous contemplons Jésus devant la demeure de la mort. Nous y découvrons un Dieu d’une humanité bouleversante, qui, face à la détresse des siens, « se saisit d’émotion et pleure ».

Il ne contemple pas notre agonie en spectateur distant ; il s’immerge dans nos larmes.

Puis, soudain, il brise le silence de la mort par une proclamation souveraine : « Je suis la résurrection et la vie. » La vie qu’il offre n’est pas un simple sursis biologique, mais une vie éternelle que ni les tombes ni personne ne peuvent emprisonner. Pour celui qui s’unit au Seigneur, la mort n’est plus un point final, mais une simple virgule, un passage vers la lumière du Père.

image

Résurrection de Lazare, ivoire, Victoria & Albert Museum, London (UK) © Lawrence Lew, OP

Pourtant, une exigence demeure : « Enlevez la pierre. » Pourquoi ce commandement ? Parce que « Dieu, qui nous a créés sans nous mais ne nous sauvera pas sans nous » (Saint Augustin). Il nous demande d’accomplir le geste humble de l’obéissance pour qu’Il puisse accomplir le miracle de la Vie. Cette pierre, c’est le poids de nos rancœurs, de nos fatalismes ou de nos masques. Parfois, nous murmurons comme Marthe : Seigneur, il sent déjà mauvais, c’est le quatrième jour que Lazare est au tombeau. Nous redoutons d’exposer la puanteur de nos ténèbres, ces blessures secrètes que nous camouflons sous le vernis trompeur du « je vais bien ».

Aujourd’hui, « enlever la pierre » signifie oser prier, parler à Dieu après une longue période de silence, abattre le mur de l’orgueil pour demander pardon, et ne plus se dire : « je suis un si grand pécheur que Dieu ne me pardonnera sûrement pas », ni se laisser envahir par le pessimisme.

Dès que la pierre est roulée, l’Esprit-Saint se répand dans nos faiblesses et remplace notre essoufflement par un souffle d’espérance et de vie.

Oui frères et sœurs, Jésus se tient au seuil de notre cœur et nous appelle : « Sors ! Viens dehors ! » Ne laissons pas cet appel s’éteindre. Par la force de l’Esprit, détachons les liens qui entravent notre joie et avançons vers la lumière.

Sortons de nos ténèbres pour devenir, dès à présent, des vivants parmi les morts, et apportons l’espoir aux désespérés ainsi que la lumière à ceux qui souffrent dans les ténèbres de la tristesse et du trouble. Amen.

image

© Pixabay