C’est le soir. C’est la dernière Cène. Jésus vient de dire à ses apôtres qu’il allait être livré, arrêté et condamné à mort. Les apôtres sont stupéfaits : ils avaient vu Judas quitter la salle à manger, mais ils ne savaient pas pourquoi. Et voilà que maintenant Jésus leur dit tout. Ils sont bouleversés. Et que fait Jésus ? Il les console. Il les rassure, lui qui va bientôt mourir sur la croix.
C’est le monde à l’envers : le condamné à mort console son entourage.
Comment a-t-il pu faire preuve d’un tel courage et d’une telle maîtrise de lui-même ? Parce qu’il était porté par l’amour de son Père. Il savait qu’il n’était pas seul, que son Père était toujours avec lui, auprès de lui. Cela n’est pas évident. Quand, à l’hôpital, j’accompagne un malade en fin de vie, je lui dis qu’il n’est pas tout seul, que sa famille est là auprès de lui et le porte par son amour. Parfois cela apaise le malade, parfois il souffre tellement qu’il n’entend pas ce que je dis et qu’il est submergé par la souffrance.
Jésus était resté maître de la situation. Il ne s’était laissé envahir par la panique ou par la peur. Pourtant il savait bien ce qui allait se passer et, un peu plus tard, au jardin des Oliviers, il ressentira de l’angoisse, mais il se retournera aussitôt vers son Père et lui dira : « Que ta volonté soit faite, et non la mienne. »