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Répertoire
Philippe Henne
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5ème Dimanche ordinaire

« Vous êtes le sel de la terre » : Mt 5, 13

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© Lawrence Lew, OP

Voilà une phrase bien connue et toujours aussi incompréhensible. C’est, il faut le reconnaître, une façon bien étrange de parler de chacun de nous en disant que nous sommes comme du sel. On dira parfois de quelqu’un qui est très gentil qu’il est doux comme du miel ou au contraire, s’il est méchant, qu’il est comme du vinaigre. Mais être comme du sel, voilà qui est curieux. Ce n’est pas vraiment insultant, mais c’est pour le moins bizarre.

Certes, nous savons tous que le sel était très précieux auparavant, quand il n’y avait pas de frigo. On salait les aliments pour pouvoir les conserver. Mais ce ne serait pas ici le sens de cette comparaison.

Alors, voyons ce qu’il en est dans notre vie quotidienne. Le sel, on est met de moins en moins dans la cuisine. Il paraît qu’il y a déjà assez de sel dans les légumes et qu’il est inutile d’en rajouter. Mais, quand il n’y a pas de sel du tout dans les aliments, cela paraît parfois assez fade, parce que le sel n’ajoute rien aux aliments, mais il relève le goût des produits consommés. Et c’est peut-être là le sens de cette comparaison.

La foi n’ajoute rien à ce que nous sommes, mais elle donne tout son sens à notre vie.

On pourrait vivre sans la foi, mais ce serait bien triste et bien fade. La foi nous permet de découvrir que nous sommes vraiment aimés par Dieu et cela donne du goût à la vie.

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© Pixabay

Et c’est là sans doute la première chose que nous puissions faire : c’est faire provision de ce sel.

Et c’est ce que nous faisons chaque dimanche pendant la messe. Nous reprenons goût à la vie parce que nous entendons toutes les merveilles que Dieu a faites pendant toute l’histoire de l’humanité, avec le peuple hébreu et avec les premiers disciples. Nous nous laissons illuminer par le Corps du Christ au cours de la communion. Cette petite hostie toute blanche est là pour nous éclairer de l’intérieur. Avec sa lumière, nous pouvons devenir comme une église au milieu du village.

Une église, apparemment, cela ne sert à rien.

Ce n’est pas une usine où on produit quelque chose. Ce n’est pas un magasin où on peut acheter tout ce dont on a besoin.

Et pourtant c’est ce qui donne une âme à un village, à un quartier, à une ville.Il y a, à l’intérieur, comme une lumière de paix et une invitation à vivre en frères.

Nous aussi, nous sommes appelés à devenir comme une église : illuminés de l’intérieur par la présence du Christ, que nous avons reçu à la communion, et paisibles et silencieux comme cet édifice.

Rien n’est plus dangereux que de s’habituer à toutes les merveilles qui nous sont offertes. Rien n’est plus triste que de devenir comme des jeunes blasés ou indifférents devant tout ce que nous recevons. C’est à nous de redécouvrir le sel de l’amour qui nous est offert dans cette communauté paroissiale. Redécouvrons avec admiration et reconnaissance toutes les petites marques de gentillesse et de politesse qui nous sont offertes par notre entourage. Alors, oui, nous pourrons être des porteurs du Christ grâce à cette petite pincée de tendresse que Dieu nous offre chaque jour.

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