Quelle étrange période que la nôtre ! Nous sommes entre l’Ascension et la Pentecôte.
Le Christ est monté au ciel, mais l’Esprit n’est pas encore descendu sur terre. C’est comme un espace vide.
Ce n’est plus la période du Christ et ce n’est pas encore celle de l’Esprit.
Nous avons souvent le sentiment de vivre dans un monde un peu vide, ou, plus précisément, nous nous sentons souvent dans l’insécurité. Nous songeons parfois à une époque où, nous semble-t-il, on était plus en sûreté. On se dit souvent que les enfants ont de la chance. Ils vivent dans l’insouciance. Ils n’ont qu’un seul but : c’est jouer. Et nous, nous avons les tracas de chaque jour et la peur de l’avenir. On rêve parfois de quelqu’un qui viendrait nous arracher à la solitude et aux soucis, quelqu’un qui nous permettrait de pouvoir souffler et de reposer la tête sur son épaule, quelqu’un en qui on pourrait avoir une totale confiance et qui nous rassurerait par sa présence. C’est alors qu’un danger nous guette : celui de nous replier sur nous-mêmes, de nous mettre à l’écart et de caresser nos blessures, en ruminant sur nos échecs et les injustices que nous avons subies.
C’est pour cela que c’est miraculeux ce qui s’est passé au temps des apôtres. Ils auraient pu faire comme les disciples d’Emmaüs : retourner chez eux, la tête basse, écrasés par la déception. Ils avaient tellement espéré que Jésus soit le nouveau chef d’Israël, qu’il allait établir un règne nouveau et chasser tous les ennemis. Mais non, il avait disparu et ces deux disciples retournaient chez eux, à Emmaüs.
Les apôtres, eux, ont fait quelque chose de tout différent : ils sont restés ensemble et ils ont prié. C’est cela qui les a sauvés. C’est cela qui nous a sauvés.
S’ils étaient tous repartis retourner chez eux, jamais l’Esprit n’aurait pu souffler sur eux et leur donner la conviction que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, jamais ils ne seraient partis dans le monde entier annoncer cette Bonne Nouvelle, et jamais nous n’aurions entendu parler de son amour.