Soyons honnêtes : pour le monde, la « gloire », c’est le tapis rouge, les paillettes et un compte en banque bien garni. Bref, ça doit en jeter ! Pourtant, aujourd’hui, la Parole de Dieu vient bousculer nos dictionnaires avec une définition totalement à contre-courant.
Dans l’Évangile, Jésus prie : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils. » De quelle heure s’agit-il ? On s’attendrait à l’heure des miracles hollywoodiens ou de son entrée triomphale à Jérusalem. Pas du tout. C’est l’heure de la Croix. Pour le spectateur lambda, la Croix, c’est un bide monumental, le fond du gouffre. Mais pour Jésus, c’est là que la gloire éclate. Pourquoi ? Parce que c’est sur ce bois que son amour pour nous est gravé pour toujours.
La gloire de Jésus ne zappe n'élimine pas la Croix : elle s’y révèle.
Seulement voilà, il y a un hic : « l’heure » de Dieu n’est pas calée sur nos montres. Nous, la génération micro-ondes et livraison en un clic, on veut tout, tout de suite. Alors, forcément, quand Dieu ne répond pas dans la minute, on trépigne comme des enfants gâtés.
Regardez notre vie de foi. Notre conjoint boude la messe, nos enfants désertent l’Église, et nous voilà au bord de la crise de nerfs. On prie pour les vocations dans la paroisse, on supplie le Ciel depuis des années... et spirituellement, c’est le désert total, rien ne bouge.
C’est là qu’on commence à s’enfermer dans notre bouderie : « À quoi bon ? Dieu est sourd ou Son réseau rame ? » On exige un miracle sur-le-champ, une conversion express chez le voisin. Et comme le Seigneur prend Son temps, on finit par faire la grève de la prière.
Cependant, frères et sœurs, avons-nous seulement percé le secret de Dieu ?
Avant de faire advenir l’heure de la conversion chez les autres, avant de vouloir réformer l’Église ou changer la société, Dieu veut faire sonner Son heure en nous.
Chacun de nous est unique, une perle précieuse à ses yeux. Et pendant que nous dressons des listes de réclamations pour que le monde change, le Seigneur nous regarde droit dans les yeux et murmure : « Dis-moi, m’autorises-tu à te changer toi, d’abord ? »
Nous rêvons que Dieu accomplisse des prodiges, pourtant, dès qu’Il nous demande de mettre la main à la pâte, nous battons en retraite. On a peur d’y laisser des plumes, peur de sacrifier notre confort pour rien, peur de passer pour les « pigeons » de service. On veut une paroisse vivante et sainte ? Et pourtant, on rechigne à lâcher nos écrans pour cinq minutes de vrai cœur-à-cœur avec Dieu. On veut la paix en famille ? À la place, on garde notre rancune bien au chaud au lieu de briser notre ego pour faire le premier pas.