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Répertoire
Chuyen Pham
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7ème Dimanche de Pâques

La gloire à travers la Croix

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© Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

Soyons honnêtes : pour le monde, la « gloire », c’est le tapis rouge, les paillettes et un compte en banque bien garni. Bref, ça doit en jeter ! Pourtant, aujourd’hui, la Parole de Dieu vient bousculer nos dictionnaires avec une définition totalement à contre-courant.

Dans l’Évangile, Jésus prie : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils. » De quelle heure s’agit-il ? On s’attendrait à l’heure des miracles hollywoodiens ou de son entrée triomphale à Jérusalem. Pas du tout. C’est l’heure de la Croix. Pour le spectateur lambda, la Croix, c’est un bide monumental, le fond du gouffre. Mais pour Jésus, c’est là que la gloire éclate. Pourquoi ? Parce que c’est sur ce bois que son amour pour nous est gravé pour toujours.

La gloire de Jésus ne zappe n'élimine pas la Croix : elle s’y révèle.

Seulement voilà, il y a un hic : « l’heure » de Dieu n’est pas calée sur nos montres. Nous, la génération micro-ondes et livraison en un clic, on veut tout, tout de suite. Alors, forcément, quand Dieu ne répond pas dans la minute, on trépigne comme des enfants gâtés.

Regardez notre vie de foi. Notre conjoint boude la messe, nos enfants désertent l’Église, et nous voilà au bord de la crise de nerfs. On prie pour les vocations dans la paroisse, on supplie le Ciel depuis des années... et spirituellement, c’est le désert total, rien ne bouge.

C’est là qu’on commence à s’enfermer dans notre bouderie : « À quoi bon ? Dieu est sourd ou Son réseau rame ? » On exige un miracle sur-le-champ, une conversion express chez le voisin. Et comme le Seigneur prend Son temps, on finit par faire la grève de la prière.

Cependant, frères et sœurs, avons-nous seulement percé le secret de Dieu ?

Avant de faire advenir l’heure de la conversion chez les autres, avant de vouloir réformer l’Église ou changer la société, Dieu veut faire sonner Son heure en nous.

Chacun de nous est unique, une perle précieuse à ses yeux. Et pendant que nous dressons des listes de réclamations pour que le monde change, le Seigneur nous regarde droit dans les yeux et murmure : « Dis-moi, m’autorises-tu à te changer toi, d’abord ? »

Nous rêvons que Dieu accomplisse des prodiges, pourtant, dès qu’Il nous demande de mettre la main à la pâte, nous battons en retraite. On a peur d’y laisser des plumes, peur de sacrifier notre confort pour rien, peur de passer pour les « pigeons » de service. On veut une paroisse vivante et sainte ? Et pourtant, on rechigne à lâcher nos écrans pour cinq minutes de vrai cœur-à-cœur avec Dieu. On veut la paix en famille ? À la place, on garde notre rancune bien au chaud au lieu de briser notre ego pour faire le premier pas.

N’oublions pas : le grand amour ne se paie pas de mots, il se prouve par des actes.

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© Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

C’est le cœur du message de Saint Pierre aux premiers chrétiens persécutés : « Dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous ». Humainement, c’est incompréhensible, c’est presque provocant. Mais avec les yeux de la foi, la souffrance n’est plus un carton rouge de Dieu ni une fatalité poisseuse. Le Christ l’a retournée pour en faire une porte ouverte sur la gloire. Quand nous en bavons pour rester fidèles à l’Évangile, nous ne sommes pas punis : nous sommes en excellente compagnie, nous marchons dans les pas du Maître.

Portée par amour, cette souffrance devient féconde. Quand Jésus meurt, c’est pour nous donner la vie.

De même, nos petites croix quotidiennes, portées sans gémir, deviennent des fleuves de bénédiction pour nos proches. Un père ou une mère qui assume les galères du quotidien avec le sourire, sans transformer la maison en tribunal, donne à ses enfants la plus belle leçon de fidélité. Un jeune qui prend soin de ses vieux parents avec patience, sans regarder sa montre, traduit le mot « gratitude » en actes. C’est par ces détails très terre-à-terre, bien loin des grands discours théologiques, que l’on fait briller la gloire de Dieu.

Dans sa prière, Jésus dit clairement qu’Il ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que le Père lui a donnés, parce qu’Il est glorifié en eux. Ce qui éteint les projecteurs de la gloire de Dieu en nous, ce sont nos tacles par-derrière, nos commérages de sacristie et nos guerres froides en famille. Le monde ne croira jamais que nous appartenons au Christ si nous passons notre temps à nous bouffer le nez.

Voilà pourquoi l’image des Apôtres et de la Vierge Marie, serrés les uns contre les autres, « d’un même cœur » au Cénacle, doit nous faire réfléchir. Avant de courir partout pour évangéliser, ils ont commencé par se mettre à genoux, ensemble.

Demandons au Seigneur, par l’intercession de Marie, de changer notre regard sur nos croix de tous les jours. Qu’Il nous donne l’audace de nous aimer pour de vrai, sans chichi. Et que l’Esprit Saint nous secoue pour que nous arrêtions de procrastiner notre sainteté par peur ou par flemme. Osons convertir nos vies et nos galères d’aujourd’hui en passeports pour la gloire qui ne passera jamais. Amen.

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