L’Évangile selon saint Jean que nous venons d’entendre s’ouvre sur une scène empreinte d’incertitude : « Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rendit au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres ». Ces ténèbres ne sont pas seulement un moment de transition naturelle, elles symbolisent un monde fracturé et lourd d’inquiétudes.
En regardant notre monde d’aujourd’hui, nous voyons que ces ténèbres semblent encore nous assiéger et défier la foi de chacun. C’est l’obscurité de la guerre et de la violence qui sème la mort en tant de lieux du globe. C’est l’effritement des valeurs traditionnelles, quand les fondements de la famille – la “première cellule” de la société, une “petite Église” – sont ébranlés par l’égoïsme ; quand les normes morales s’effacent progressivement devant l’indifférence et l’individualisme extrême. Face à l’injustice, au crime et à une cruauté sans cesse renouvelée, il arrive que nous ayons l’impression que Dieu est absent, et nous nous demandons si la bonté a encore sa place parmi les ruines de notre époque.
Pourtant, le message de Pâques affirme aujourd’hui une vérité bouleversante : la résurrection du Christ n’est pas un événement du passé endormi dans l’histoire. Elle contient une puissance vitale qui a imprégné le cœur de ce monde.
Là où tout semble mort, les signes de la résurrection surgissent soudainement. C’est une force irrésistible.
Regardez la nature : sur une terre dévastée par la destruction, la vie surgit de nouveau avec ténacité. De même, quelle que soit la noirceur des circonstances, le bien réapparaît toujours et se propage. Chaque jour, dans notre monde, la beauté renaît sans cesse ; elle grandit à travers les tempêtes de l’histoire.