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Répertoire
Philippe Henne
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Dimanche de Pâques

« Notre coeur n’était-il pas brûlant en nous ? »

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Francis Akkara, OP © Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

On le dit et on le répète : la fête de Pâques est la plus belle et la plus grande fête pour tous les chrétiens. On veut bien le croire, mais ça ne change rien : on a du mal à en faire une belle journée. Ce n’est pas comme Noël où là on se prépare des semaines à l’avance. On y pense et on se réjouit déjà de pouvoir être en famille et célébrer cela dans la joie et la réconciliation. Mais Pâques, c’est plus difficile.

On est un peu comme les disciples d’Emmaüs. On est sur la route. Celle-ci paraît parfois longue et ennuyeuse. Il n’y a pas toujours des choses heureuses à se raconter. Les disciples d’Emmaüs se rappelaient les derniers événements de la semaine : l’arrivée triomphale de Jésus à Jérusalem, son arrestation et son exécution sur la croix d’infamie. La tête basse, ils faisaient la liste de leurs malheurs et de leurs déceptions.

Nous sommes souvent ainsi, nous rappelant les jours du passé, ressassant les échecs et les déceptions de notre vie. Nous n’avons pas souvent le visage rayonnant de ressuscités, mais bien plutôt celui de personnes accompagnant un enterrement.

Et pourtant Jésus marche avec nous, au milieu de nous, et nous ne le voyons pas. C’était dans l’évangile de ce matin. Marie Madeleine était assise près du tombeau. Elle n’a pas reconnu l’homme qui lui parlait. Elle l’avait pris pour le jardinier. Elle avait tellement de larmes dans les yeux qu’elle ne voyait plus clair. Les disciples d’Emmaüs, eux, étaient tellement dans le brouillard du désespoir qu’ils n’avaient pas reconnu ce voyageur qui marchait avec eux.

Nous aussi, nous sommes tellement pris par nos soucis et nos problèmes que nous ne voyons même plus Jésus qui nous parle et qui chemine avec nous sur la route de la vie.

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Francis Akkara, OP © Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

C’est peut-être parce que nous attendons toujours quelque chose d’exceptionnel, de merveilleux, d’extraordinaire. Et pourtant Jésus ressuscité ne se fait pas toujours reconnaître par un miracle ou par un coup d’éclat. Il est parfois comme cette mère de famille qui, seule, fait la vaisselle. Devant l’évier, elle pleure en silence parce que son mari ne lui parle plus, parce que ses enfants ne lui disent plus bonjour. Et pourtant, Jésus se fait reconnaître tout simplement en disant : « Marie » ou en partageant du pain. Un petit mot, un petit geste qui révèlent la présence amoureuse de Jésus dans notre vie.

Et c’est là sans doute le miracle que nous pouvons demander à Jésus ressuscité : c’est d’essuyer nos larmes pour que nous puissions le voir, c’est de reconnaître dans le pain que nous allons recevoir la présence de son amour infini.

Oui, Dieu ne nous laisse pas seuls.

Il est ici, dans cette église, au milieu de nous, mais nous gardons dans notre coeur la tristesse et les ténèbres de l’extérieur, alors que déjà maintenant le Christ nous réchauffe par sa présence dans les Écritures, dans l’eucharistie que nous allons recevoir et dans la communauté que nous formons ce soir.

Nous sommes heureux d’être ici avec lui et nous ne nous en rendons pas compte : notre coeur est brûlant de cette belle rencontre.

Laissons la joie d’être avec Jésus monter dans notre coeur pour qu’elle nous éclaire et nous redonne goût à la vie et à l’amour.

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Francis Akkara, OP © Dominicains de Belgique et des Pays-Bas