On le dit et on le répète : la fête de Pâques est la plus belle et la plus grande fête pour tous les chrétiens. On veut bien le croire, mais ça ne change rien : on a du mal à en faire une belle journée. Ce n’est pas comme Noël où là on se prépare des semaines à l’avance. On y pense et on se réjouit déjà de pouvoir être en famille et célébrer cela dans la joie et la réconciliation. Mais Pâques, c’est plus difficile.
On est un peu comme les disciples d’Emmaüs. On est sur la route. Celle-ci paraît parfois longue et ennuyeuse. Il n’y a pas toujours des choses heureuses à se raconter. Les disciples d’Emmaüs se rappelaient les derniers événements de la semaine : l’arrivée triomphale de Jésus à Jérusalem, son arrestation et son exécution sur la croix d’infamie. La tête basse, ils faisaient la liste de leurs malheurs et de leurs déceptions.
Nous sommes souvent ainsi, nous rappelant les jours du passé, ressassant les échecs et les déceptions de notre vie. Nous n’avons pas souvent le visage rayonnant de ressuscités, mais bien plutôt celui de personnes accompagnant un enterrement.
Et pourtant Jésus marche avec nous, au milieu de nous, et nous ne le voyons pas. C’était dans l’évangile de ce matin. Marie Madeleine était assise près du tombeau. Elle n’a pas reconnu l’homme qui lui parlait. Elle l’avait pris pour le jardinier. Elle avait tellement de larmes dans les yeux qu’elle ne voyait plus clair. Les disciples d’Emmaüs, eux, étaient tellement dans le brouillard du désespoir qu’ils n’avaient pas reconnu ce voyageur qui marchait avec eux.