C’est le monde à l’envers.
Jadis on nous disait qu’il fallait jeûner le mercredi des cendres et le vendredi saint. On ne pouvait pas manger de viande le vendredi. Il fallait faire des efforts pour renoncer à des choses qu’on aimait bien. Par exemple, les enfants ne pouvaient plus manger de chocolat pendant le carême et les hommes ne pouvaient plus fumer pendant cette période. Rien que le fait de penser qu’on devait jeûner, cela donnait déjà faim à certains. Il faut reconnaître que ce n’était pas facile de comprendre pourquoi on devait s’imposer toutes ces contraintes. Il faut dire aussi que cela n’arrangeait toujours le caractère de certains. Il y en avait qui devenaient agressifs parce qu’ils ne pouvaient plus fumer. D’autres tiraient une figure de carême, c’est-à-dire qu’ils avaient l’air tristes et déprimés.
Et voilà que maintenant l’évangile nous dit qu’il faut faire cela en secret et ne pas le montrer aux autres.
C’est un peu facile de dire cela quand ce n’est pas lui qui le fait. Et c’est pourtant facile à comprendre. Vous imaginez qu’une mère de famille va tous les jours expliquer à son mari et à ses enfants tout le travail qu’elle a fait dans la maison, toutes les difficultés qu’elle a eues pour faire la cuisine, etc. Le résultat sera que, même si la nourriture est délicieuse, le mari et les enfants ne le goûteront pas. Ils regretteront presque d’être là à table.
Certaines d’entre vous se révolteront et diront que c’est un peu facile : elles peuvent travailler comme des bêtes, elles sont traitées comme des domestiques. Jamais un merci. Jamais un compliment.