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Répertoire
Philippe Henne
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Pentecôte

Quel miracle !

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Sculpture au sanctuaire Saint-Jude, Baltimore (USA) © Lawrence Lew, OP

Quel miracle ! L’Esprit Saint souffle et tout le monde parle toutes les langues possibles et imaginables : l’élamite, le phrygien, l’égyptien, et encore beaucoup d’autres. Cela résoudrait tous les problèmes linguistiques en Belgique. Vous imaginez : pouvoir parler flamand sans difficultés ! Finies les querelles et les disputes sempiternelles entre francophones et néerlandophones.

Mais ne rêvons pas ! Que s’est-il donc passé le jour de la Pentecôte à Jérusalem ? Les apôtres étaient-ils devenus de parfaits polyglottes, maîtrisant le français, le néerlandais et l’anglais ? Bien sûr que non. Ce qui s’est passé était encore plus beau. Ces pèlerins qui étaient à Jérusalem étaient tout surpris de comprendre ce qu’on leur disait. Non pas parce qu’on parlait leur langue, mais parce qu’on parlait tout simplement de la place de Dieu dans leur vie de tous les jours. C’est ce qu’essaient de faire les politiciens pour gagner les élections : ils veulent nous prouver qu’ils nous comprennent et qu’ils prennent notre défense. Parfois ça marche, mais cela paraît parfois un peu artificiel.

Et voilà que, par surprise, des Galiléens, c’est-à-dire des gens sans grande culture, ni formation intellectuelle, venaient leur annoncer que le Christ qu’on avait crucifié était vivant et qu’il était vraiment Dieu, et que la vie de tous les jours était déjà illuminée par cette présence et par cet amour.


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© Pixabay

Ce n’est pas facile de parler de l’amour, même entre conjoints et dans une famille. On a toujours l’air un peu stupide, et pourtant c’est l’essentiel de notre vie. Aimer et être aimé, c’est ce que l’on cherche toujours, mais ce n’est pas facile et on est souvent maladroit. Et voilà, on ne sait pas comment, les apôtres en parlent de cet amour avec franchise et simplicité.

Et, dans l’évangile, on voit tout de suite l’effet immédiat de cette prédication : les apôtres peuvent enlever tous les péchés, c’est-à-dire que nous ne sommes plus prisonniers des erreurs du passé et des blessures reçues par notre conjoint ou dans notre famille. Nous sommes libérés de toutes ces fautes commises et nous pouvons recommencer à zéro.

C’est comme Jésus avec Pierre, son ami. Pierre l’a trahi, mais Jésus lui demande : « Est-ce que tu m’aimes ? » Et parce que Pierre a eu le courage de lui répondre : « Oui ». Et c’est grâce à cela, à cette réponse toute simple et venue du fond de son coeur que Jésus en a fait le chef de l’Église. Pierre avait été libéré du poids de sa trahison et invité à commencer une nouvelle vie avec Jésus, pour Jésus.

Alors, au cours de cette eucharistie, remercions Dieu de nous avoir envoyé des apôtres qui ont pu nous expliquer de façon simple et concrète ce que c’est que l’amour, le véritable amour, celui d’un Dieu qui se donne chaque jour à chacun de nous, dans la prière, dans la Bible, dans l’eucharistie et dans la communauté chrétienne du dimanche matin.

Disons-lui merci et tâchons de faire de même.

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Saint Pierre, église Saint-Aloysius, Glasgow (UK) © Lawrence Lew, OP