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Répertoire
Philippe Henne
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Sainte Trinité

Le Dieu que nous adorons n’est pas un Dieu solitaire !

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Chapelle du Palais de Würzburg (DE) © Lawrence Lew, OP

Attention !

La liturgie nous dit : attention ! On a passé la Semaine Sainte et Pâques à célébrer la mort et la résurrection du Christ. On a ensuite célébré la venue de l’Esprit. On risquait donc de tellement bien distinguer le Fils et l’Esprit qu’on risquait de ne plus voir leur unité. Il n’y a qu’un seul Dieu. Mais, en portant toute notre attention sur l’une ou l’autre personne, on ne voyait plus ce qui fait leur force et leur rayonnement, c’est leur unité.

C’est comme dans une famille ou dans une communauté. Chacun des membres est tellement engagé dans sa propre activité et son propre domaine que les gens à l’extérieur ne voient plus que tout ce dynamisme vient de ce qui les fait vivre : leur amour l’un pour l’autre.

C’est cela, la première chose à retenir : le Dieu que nous adorons n’est pas un Dieu solitaire. Ce n’est pas quelqu’un qui est tout seul au ciel et qui s’ennuie. Il y a déjà une histoire d’amour à l’intérieur de Dieu. C’est comme dans un couple profondément engagé dans la paroisse. Ce qui les nourrit dans leur action, c’est l’amour qui existe déjà dans le couple. Leur activité est comme le résultat de cet amour intime, le rayonnement d’une chaleur intérieure qui ne demande qu’à s’exprimer à l’extérieur.

Il en est de même pour Dieu. Cet amour que le Père a pour le Fils dans l’Esprit rayonne à l’extérieur et provoque la création du monde. Nous sommes le fruit de cet amour.

C’est pour cela que la création est bonne. C’est parce qu’elle procède d’un amour intérieur. L’amour ne peut pas provoquer de catastrophes, ni de mauvaises choses.

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© iStock

C’est comme un village ou dans un quartier de la ville. Il y a des maisons qui sont propres et froides : on ne sent pas de chaleur humaine. Tout est en ordre, mais vide. Par contre, il y a des maisons où on sent directement qu’il existe une réelle complicité entre les habitants de cette demeure, entre les conjoints, entre les parents et les enfants. Ils forment une belle équipe dans le bon sens du terme. Et, pour ceux qui visitent cette maison, elle apparaît comme un chalet qui se dresse dans un bois. De l’extérieur, on voit déjà la lumière qui jaillit hors des fenêtres. Dans les moments sombres de notre vie, quand nous marchons dans les ténèbres d’une forêt hostile, nous retrouvons la force et le courage d’avancer parce que nous voyons, à travers les broussailles épaisses, la lumière de cet havre de paix et de chaleur amicale.

Il en est de même pour la Trinité. C’est d’elle que nous sortons, de cette source de cet amour intime vécu de l’intérieur. Et c’est vers elle que nous avançons, vers cette lumière chaleureuse et accueillante.

Le Fils n’est pas venu sur terre, tout seul. Il était accompagné de son Père et soutenu par l’Esprit. C’est cela que la scène de son baptême au Jourdain voulait manifester : la profonde solidarité de toute la Trinité dans son oeuvre de salut et d’amour pour chacun d’entre nous.

Alors, nous aussi, faisons comme eux. N’ayons pas peur de nous engager, mais n’oublions pas de nous ressourcer auprès de notre conjoint, auprès de Dieu, qui est la source et le but ultime de notre vie.

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Céramique, crypte de la basilique du sanctuaire national de l'Immaculée Conception, Washington DC (USA) © Lawrence Lew, OP