C’est quoi, un saint ?
C’est à cette question que l’évangile d’aujourd’hui veut répondre, mais la réponse étonne et même choque : ce sont les pauvres de coeur. Jésus ferait-il l’éloge de la pauvreté et de la misère ? La religion serait-elle l’opium du peuple, c’est-à-dire servirait-elle à maintenir les pauvres dans la pauvreté en leur vendant du rêve et la promesse d’une vie heureuse dans l’au-delà ? Non, ce n’est pas possible, et, si c’était le cas, on ne voudrait pas d’une telle religion. C’est aujourd’hui et maintenant que l’on veut être heureux, et on a raison de le vouloir.
Jésus avait bien précisé : les pauvres de coeur. Pour lui, la pauvreté n’était pas un idéal de vie. Comment être heureux si l’on voit que le portefeuille est vide avant la fin du mois ? Comment vivre quand on est rongé par l’inquiétude des factures à payer ? Tant de familles connaissent cette angoisse et ne savent pas comment sortir de l’ornière de la pauvreté. Non, la pauvreté n’est pas un don de Dieu. Elle est un fléau qu’il faut combattre.
La pauvreté dont parle l’évangile d’aujourd’hui est bien plutôt l’aveuglement dans lequel nous pouvons tomber.
C’était dans cette indifférence que vivait cet homme riche qui faisait la fête tous les soirs avec ses amis. Ce n’était pas un méchant homme, mais il ne voyait pas ou il ne voulait pas voir le pauvre Lazare qui était là, sur le pas de sa porte et qui n’avait rien à manger. Cet homme riche ne faisait rien de mal, mais il n’a rien fait de bien non plus.