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Jean-Bertrand Madragule
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Toussaint

La Toussaint : des personnes à travers lesquelles brille la lumière de Dieu

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© Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

Je me souviens d’un jour où je me suis rendu dans une vieille église avec ma petite nièce Romane. Elle contemplait les vitraux colorés représentant des saints et m’a demandé : « Père Jean-Bertrand, qu’est-ce qui rend ces personnes saintes ? Est-ce parce qu’elles portent de si beaux vêtements ? »
Je lui ai répondu : « Non, Romane. C’est leur amour pour Dieu et pour les hommes. »
Le lendemain matin, le soleil brillait. Ses rayons traversaient les vitraux et inondaient l’église de mille couleurs. Romane s’est alors exclamée avec enthousiasme : « Père Jean-Bertrand, maintenant, je comprends ! Les saints sont des personnes à travers lesquelles brille la lumière de Dieu ! »

Chers enfants, chères sœurs et chers frères, cette petite fille avait compris quelque chose d’essentiel :

être saint, ce n’est pas briller soi-même, mais laisser la lumière de Dieu rayonner à travers soi.

Dieu ne recherche pas des êtres humains parfaits. Les saints eux-mêmes avaient leurs faiblesses. Pierre a renié Jésus (Mt 26,69-75), et Paul a persécuté les chrétiens (Actes 8,3) avant de devenir un grand annonciateur de l’Évangile (Actes 9,3-22). Mais tous deux se sont laissés transformer par Dieu et sont revenus à lui.

C’est une bonne nouvelle pour nous. Nos erreurs ne doivent pas avoir le dernier mot dans notre vie. Dieu vient à notre rencontre au cœur même de nos imperfections. Sa grâce nous offre sans cesse la possibilité de prendre un nouveau départ.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui (Mt 5, 1-12a), nous entendons les Béatitudes. Jésus nous dit : « Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux » (Mt 5, 3).

Être pauvre de cœur, devant Dieu, c’est reconnaître que nous n’avons pas à mériter son amour. Nous pouvons venir à lui les mains vides et faire confiance à sa miséricorde, qui est plus grande que nos échecs.

Dieu ne nous demande pas d’abord ce que nous avons accompli. Il nous demande plutôt : « Qui as-tu aimé ? Qui as-tu aidé ? À qui as-tu pardonné ? Où as-tu contribué à faire régner la paix ? »

Les saints sont aussi parmi nous, dans notre vie quotidienne.

Ce peut être une vieille dame qui, malgré sa solitude, prie pour les autres. Ce peut être une personne qui trouve le courage de demander pardon. Ce peut être une mère qui prend soin avec amour de son enfant malade, ou encore un soignant qui accorde du temps et de l’attention à une personne qui a peur.

Ces personnes sont rarement sous les feux des projecteurs. Pourtant, c’est dans leur vie quotidienne que l’Évangile prend chair. La sainteté grandit souvent discrètement, que ce soit dans une famille, dans un couvent, sur un lieu de travail, dans une chambre d’hôpital ou partout où des personnes se rencontrent et se témoignent de l’amour.

Mais qu’est-ce que cela signifie pour nous ?

Nous n’avons pas besoin d’accomplir des choses extraordinaires. La sainteté commence peut-être tout simplement par une écoute attentive, par le pardon d’une vieille rancune, par le respect de la dignité d’autrui ou par la volonté d’offrir à quelqu’un une nouvelle chance.

Jésus nous parle des miséricordieux, de ceux qui font régner la paix, ainsi que de ceux qui ont faim et soif de justice. Ces paroles ne sont pas de simples ornements dans nos églises. Elles nous invitent à rendre visible l’amour de Dieu dans notre vie quotidienne.

Notre monde a besoin de personnes qui ne se contentent pas de parler de paix, mais qui la construisent ; qui ne se contentent pas de proclamer la miséricorde, mais qui la mettent en pratique.


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© Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

La Toussaint est aussi une fête d’espérance.

En ce début du mois de novembre, nous prenons davantage conscience du caractère éphémère de notre vie. Nous pensons à ceux et à celles qui nous ont précédés, à ceux et à celles dont les voix nous manquent et dont les places sont désormais vides.

Notre foi ne nous demande pas de cacher notre chagrin. Nous avons le droit de pleurer, de souffrir et de nous poser des questions. Mais nous avons aussi le droit d’espérer, car la mort n’a pas le dernier mot.

Notre vie est entre les mains de Dieu. La communion des saints nous unit à ceux et à celles qui nous ont quittés et nous ouvre à l’espérance de la vie éternelle.

Nous ne savons pas exactement à quoi ressemblera cette vie auprès de Dieu. Mais nous croyons en son amour, un amour qui ne nous abandonnera jamais.

Chers enfants, chères sœurs et chers frères,

Revenons une dernière fois aux vitraux de cette église.

Les vitraux ne produisent pas eux-mêmes de lumière. Leur beauté apparaît lorsque la lumière les traverse.

Il en va de même pour notre vie. Nous n’avons pas besoin d’être parfaits ni de résoudre tous les problèmes. Il nous suffit de nous laisser éclairer par Dieu et de lui ouvrir notre cœur.

Alors, à travers une parole bienveillante, un coup de main, un geste de réconciliation ou une prière silencieuse, quelque chose de son amour pourra se révéler aux yeux des autres.

En cette fête de la Toussaint, prions ensemble :

« Seigneur, ouvre nos cœurs à ton amour.
Relève-nous lorsque nous tombons.
Donne-nous du courage face à la peur et accorde-nous ta miséricorde lorsque nos cœurs se ferment.
Fais briller ta lumière à travers notre vie, afin que les autres puissent découvrir ton amour.
Et conduis-nous un jour, avec Marie, saint Joseph et tous les saints, vers la joie de ta présence.
Car devenir saint, ce n’est pas ne jamais connaître l’obscurité, mais s’ouvrir sans cesse à la lumière de Dieu. »

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© Dominicains de Belgique et des Pays-Bas