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Répertoire
Philippe Henne
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15ème Dimanche ordinaire

« Le semeur sortit pour semer »
Mt 13,1 - 9

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© Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

Jésus est inquiet. Depuis des semaines et même des mois, des foules le suivent. Elles sont enthousiasmées en voyant les miracles qu’il fait. Pour elles, c’est extraordinaire et impressionnant, mais Jésus n’est pas sûr qu’elles comprennent le message qu’il est venu apporter. Jésus a peur que les foules le prennent pour un magicien qui va résoudre tous leurs problèmes et guérir toutes les maladies.

C’est pour cela qu’il les fait asseoir, pour qu’ils réfléchissent et qu’ils dépassent un peu le côté sensationnel de ses miracles. Il a peur que toutes ces personnes préfèrent l’agitation des grandes manifestations au calme de la méditation et de la réflexion.

C’est le sens de cette parabole aujourd’hui : ne pas se laisser emporter par l’enthousiasme des grandes foules, mais laisser mûrir en nous les belles choses qui nous font grandir.

Car, bien sûr !, nous avons tous dépassé le stade de l’enthousiasme puéril qui est souvent à la source des révolutions, mais pas toujours de grandes évolutions. Nous sommes conscients que la graine d’amour que nous avons reçue dans notre coeur, nous devons la soigner, l’entretenir et l’aider à se développer.

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© Dominicains de Belgique et des Pays-Bas

C’est un peu comme un potager.

Ce n’est pas nous qui faisons pousser les plantes, mais c’est nous qui devons veiller sur elles. Nous devons tout d’abord le clôturer pour éviter que les animaux ne viennent de l’extérieur pour tout détruire. C’est ce qui s’est passé avec Jésus et la sainte Famille : tous, ils ont dû fuir en Égypte pour éviter les soldats d’Hérode prêts à tuer Jésus. C’est pour cela que nous devons prier pour nos frères qui vivent sous la menace des persécutions religieuses, au Moyen Orient, dans les dictatures communistes et dans les autres pays en guerre. Vous, comme moi, vous savez qu’il est bon de savoir qu’il y a autour de nous des personnes qui veillent sur nous par leurs prières. Savoir qu’on n’est pas seuls, mais membres d’une grande famille, voilà qui allège le poids de la douleur et de la souffrance.

Mais l’ennemi ne vient pas toujours de l’extérieur. Il vient aussi de l’intérieur.

Ce sont les chenilles, les pucerons et autres parasites qui dévorent les meilleures feuilles et les meilleurs fruits. C’est la raison pour laquelle Jésus s’est retiré dans le désert au début de sa propre vie publique : pour affronter le démon qui pouvait surgir à tout instant. C’est aussi la raison pour laquelle il s’est retiré au mont des Oliviers pour prier avant d’être arrêté : pour retrouver un moment d’intimité avec son Père. Et qu’a-t-il pu lui dire ? Rien, si ce n’est merci, comme nous l’avons vu dimanche dernier : « Père, je te rends grâce parce que tu as révélé tout cela aux plus petits » (Matthieu 11, 25). Il est bon de rendre grâce à Dieu pour toutes les merveilles qu’il a faites dans notre vie, mais aussi de lui rendre grâces pour toutes les merveilles qu’il accomplit chez les autres, qu’ils soient proches ou lointains. Il y a tant de belles choses dans le monde. C’est à nous de les découvrir.

Alors, soyons aujourd’hui comme un bon jardinier : attentifs aux belles plantes qui poussent dans notre jardin pour être capables de les offrir ensuite à tous nos voisins.

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© Dominicains de Belgique et des Pays-Bas