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30ème dimanche ordinaire

Temps liturgique: Temps ordinaire

Jour liturgique: 30ème dimanche

Année liturgique: Année C

Prédicateur:  Philippe Cochinaux

En 1994, j'ai eu la chance de pouvoir passer quelques jours dans un camp de réfugiés de l'Onu au sud du Rwanda. Le camp Saga 1 comptait environs 500,000 réfugiés qui avaient fui les troubles de leur pays au Burundi. Durant ce séjour, sur invitation d'un frère de la Charité dé Gand, je me suis retrouvé à vivre cette vie avec celles et ceux qui avaient tout perdu si ce n'est leur dignité humaine. Je logeais avec eux sous une bâche et partageais leur vie pendant ces quelques moments qui resteront à jamais graver en moi. Un matin, j'ai dû me rendre de l'autre côté du camp avec un des jeunes avec qui je partageais la tente. Durant le parcours, celui-ci me prit la main et me voilà, marchant main dans la main avec un autre homme. Je suppose que vous pouvez imaginer mon malaise. Je n'avais jamais vécu une telle expérience. J'avais envie de retirer ma main de la sienne mais je me rendais compte qu'en agissant ainsi je risquais de le blesser profondément. Il n'aurait pas compris mon geste et l'aurait interprété sans doute comme étant un refus de ma part d'accepter son amitié. Il m'a fallu faire tout un chemin intérieur pour me dire que ce que je vivais là était normal dans sa culture alors que c'était tellement éloigné de la mienne, que je ne devais pas y voir de connotations négatives.

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29ème dimanche ordinaire

Temps liturgique: Temps ordinaire

Jour liturgique: 29ème dimanche

Année liturgique: Année C

Prédicateur:  Philippe Cochinaux

D'après une étude des plus sérieuses, il semble que la téléphonie puisse avoir une certaine incidence sur nos comportements. Prenons l'exemple suivant : si nous téléphonons à un téléphone fixe et que personne ne répond, nous laissons un message sur le répondeur quand il y en a un ou nous réessayerons plus tard dans la journée. Il nous paraît normal que les gens que nous appelons ne passent par leur vie à côté de leur téléphone et puissent avoir décidé de quitter leur maison pour vaquer à d'autres occupations. Par contre, toujours selon cette étude, lorsque nous appelons un GSM, nous devenons beaucoup plus impatients comme s'il était normal que la personne de l'autre côté réponde tout de suite puisqu'elle est censée avoir son téléphone mobile sur elle. Nous pourrons évidemment laisser un message mais cela peut nous énerver tellement nous nous attendions à ce qu'elle nous réponde sur le champ. Qu'il soit fixe ou mobile, il paraît que, pour beaucoup d'entre nous, nous développons des attitudes différentes : de la compréhension avec un fixe, un peu d'énervement avec le mobile.

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27ème dimanche ordinaire

Temps liturgique: Temps ordinaire

Jour liturgique: 27ème dimanche

Année liturgique: Année C

Prédicateur:  Philippe Cochinaux

A peine entré dans l'Ordre, un frère âgé, un peu le sage de la communauté de l'époque me dit ces mots qui me marquèrent pour toujours : « Philippe, si tu veux être heureux dans ta vie dominicaine, n'oublie jamais le principe suivant 'tu récolteras au maximum dix pour cent de ce que tu as semé tout en sachant que nonante pour cent de ce que récolteras auront été semés par d'autres que toi'. D'après lui donc, je ne récolterai jamais plus de dix pour cent que j'ai semé. Cela nous demande une sacrée dose d'humilité. D'ailleurs, je ne pense pas qu'une telle théorie puisse plaire aux agriculteurs. Mais voilà, il n'en va pas des êtres humains comme il en va de la terre. Et après un peu plus de vingt années passées dans l'Ordre, je dois bien reconnaître que ce vieux sage avait raison. Les années de la vie lui avaient enseigné une telle sagesse et je le remercie encore aujourd'hui de me l'avoir partagée à l'époque.

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26ème dimanche ordinaire

Temps liturgique: Temps ordinaire

Jour liturgique: 26ème dimanche

Année liturgique: Année C

Prédicateur:  Philippe Cochinaux

Ils étaient tous les deux accoudés au comptoir du pub dominicain à Louvain-la-Neuve et ce soir-là, j'étais de service ce qui m'a permis d'entendre la conversation suivante. « Tu comprends, dis le premier, pour moi, il n'est plus question de croire en Dieu depuis la mort de ma petite fille dans mes bras, il y a un peu plus de seize ans. J'ai été baptisé, j'ai fait mon catéchisme, c'est vrai que je n'allais plus beaucoup à la messe mais je croyais en Dieu et il m'arrivait régulièrement à prier jusqu'au jour du drame. Tu te rends compte, elle avait à peine quelques semaines et Dieu me l'a reprise. Suite à cela, j'ai décidé que Dieu était mort et que je ne croirai plus jamais en lui. D'ailleurs n'essaye pas de me convaincre du contraire. Tu n'y arriveras pas, conclut-il ».

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